Prix du Témoignage 2019 : La vie solide (6eme)

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Françoise T.
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Prix du Témoignage 2019 : La vie solide (6eme)

Message par Françoise T. » mer. déc. 04, 2019 5:23 pm

La vie solide. La charpente comme éthique du faire, d'Arthur Lochmann
Parce qu'il avait besoin d'un gagne-pain, Arthur Lochmann s'est inscrit, il y a dix ans, en CAP charpenterie. « Ce fut l'une des meilleures décisions de ma vie », confie-t-il dans cet ouvrage riche de descriptions. Formé chez les Compagnons du devoir, l'auteur nous conte son apprentissage des gestes et des termes : ainsi se familiarise-t-on avec le bardage, le chant, le trait, l'épure… et apprend-on à scier ! La charpente est un métier vivant, et les savoir-faire, ces trésors immatériels de notre société, donnent sens au travail.
Éd. Payot, 240 p. ; 15,50 €.
:idea: Regarder la présentation de ce livre en vidéo sur https://www.lepelerin.com/videos-podcas ... nage-2019/

Cécile, 35 ans, accompagne à l’emploi (Nord)
Ce qui m’a étonnée, d’abord, c’est le titre. La vie n’est justement pas solide, si ? En creusant un peu, j’ai rapidement trouvé captivant le récit d’Arthur Lochmann. Il faut s’accrocher un peu pour suivre sa langue et son courageux parcours ; mais c’est qu’il est à l’image d’un chantier de charpentier : rugueux, exigeant, brut. L’auteur explique son choix de passer un CAP charpentier et les souffrances infligées à son corps pour devenir un très bon ouvrier. C’est authentique, c’est sans faste et, aussi antinomique que cela puisse paraître, le lecteur est le témoin du récit d’un ambitieux ! Pas d’un avocat arrogant ou d’un philosophe lointain, qu’il se destinait à devenir, mais bel et bien d’un homme qui cherche à narrer l’indicible, ou ce qui ne l’a pas encore été, l’expérience intime et philosophique de la rudesse d’un métier manuel.

Madeleine, 86 ans (Vendée)
Donner un nouveau sens à sa vie est maintenant chose fréquente ! Mais passer des cimes de la pensée universitaire aux sommets bien concrets des toits et des clochers, c'est une aventure ! Mieux, une initiation. On entre en apprentissage pour parcourir un long chemin qui a un but. A travers sa lente progression, l'apprenti découvre la connivence nécessaire entre la main et la pensée, l'outil et le bon geste, le bois, matière noble et vivante, et son utilisation pour le bien commun : que serait une maison sans charpente ?<br/>
Ce témoignage montre la vraie grandeur du travail, libéré du souci de productivité, de rentabilité : Il s'agit de faire du beau, du solide, du parfait : une oeuvre utile dont on peut être fier parce qu'on en a été responsable et qu'on a peiné avec d'autres pour l'accomplir.<br/>
L'auteur mêle avec art anecdotes et réflexions philosophiques, sans jamais lasser, en insistant sur la valeur sociale du travail, celle du compagnonnage et de la transmission des savoir-faire traditionnels incontournables, que les progrès technique peuvent faire progresser sans pour autant les renier.
J'ai beaucoup aimé ce livre, sérieux et tonique, qui oblige à revoir notre rapport à l'argent, notre conception du travail, les bases de notre vie sociale.

Marie-Ange, 71 ans (Maine-et-Loire)
Il est bien charpenté, il est solide comme un chêne, tout est dit. Langage simple, clair et captivant. Envie de construire et réussir. Bravo à l’auteur.

Mirelle, 52 ans, masseur-kinésithérapeute (Calvados)

Beau voyage sous les toits, belles expressions du travail d’équipe. Un éclairage sur le choix possible d’allier tradition et modernité, enfin !
Modératrice des forums pelerin.info et responsable des relations lecteurs de Pèlerin.

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