Partage d'évangile du 15 septembre 2019

Commentaires des textes du dimanche, oecuménisme, usage du latin, rôle des laïcs...

Modérateur : Françoise T.

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hélios
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Partage d'évangile du 15 septembre 2019

Message par hélios » lun. sept. 09, 2019 7:37 am

Première lecture
« Le Seigneur renonça au mal qu’il avait voulu faire » (Ex 32, 7-11.13-14)

Lecture du livre de l’Exode

En ces jours-là,
le Seigneur parla à Moïse :
« Va, descends,
car ton peuple s’est corrompu,
lui que tu as fait monter du pays d’Égypte.
Ils n’auront pas mis longtemps
à s’écarter du chemin que je leur avais ordonné de suivre !
Ils se sont fait un veau en métal fondu
et se sont prosternés devant lui.
Ils lui ont offert des sacrifices en proclamant :
‘Israël, voici tes dieux,
qui t’ont fait monter du pays d’Égypte.’ »

Le Seigneur dit encore à Moïse :
« Je vois que ce peuple
est un peuple à la nuque raide.
Maintenant, laisse-moi faire ;
ma colère va s’enflammer contre eux
et je vais les exterminer !
Mais, de toi, je ferai une grande nation. »
Moïse apaisa le visage du Seigneur son Dieu
en disant :
« Pourquoi, Seigneur,
ta colère s’enflammerait-elle contre ton peuple,
que tu as fait sortir du pays d’Égypte
par ta grande force et ta main puissante ?
Souviens-toi de tes serviteurs,
Abraham, Isaac et Israël,
à qui tu as juré par toi-même :
‘Je multiplierai votre descendance
comme les étoiles du ciel ;
je donnerai, comme je l’ai dit,
tout ce pays à vos descendants,
et il sera pour toujours leur héritage.’ »
Le Seigneur renonça
au mal qu’il avait voulu faire à son peuple.


Psaume
(Ps 50 (51), 3-4, 12-13, 17.19)

R/ Oui, je me lèverai,
et j’irai vers mon Père. (Lc 15, 18)

Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,
selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave-moi tout entier de ma faute,
purifie-moi de mon offense.

Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu,
renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.
Ne me chasse pas loin de ta face,
ne me reprends pas ton esprit saint.

Seigneur, ouvre mes lèvres,
et ma bouche annoncera ta louange.
Le sacrifice qui plaît à Dieu, c’est un esprit brisé ;
tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé.


Deuxième lecture
« Le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs » (1 Tm 1, 12-17)

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre à Timothée

Bien-aimé,
je suis plein de gratitude
envers celui qui me donne la force,
le Christ Jésus notre Seigneur,
car il m’a estimé digne de confiance lorsqu’il m’a chargé du ministère,
moi qui étais autrefois blasphémateur, persécuteur, violent.
Mais il m’a été fait miséricorde,
car j’avais agi par ignorance,
n’ayant pas encore la foi ;
la grâce de notre Seigneur a été encore plus abondante,
avec la foi, et avec l’amour qui est dans le Christ Jésus.

Voici une parole digne de foi,
et qui mérite d’être accueillie sans réserve :
le Christ Jésus est venu dans le monde
pour sauver les pécheurs ;
et moi, je suis le premier des pécheurs.
Mais s’il m’a été fait miséricorde,
c’est afin qu’en moi le premier,
le Christ Jésus montre toute sa patience,
pour donner un exemple à ceux qui devaient croire en lui,
en vue de la vie éternelle.

Au roi des siècles,
au Dieu immortel, invisible et unique,
honneur et gloire pour les siècles des siècles. Amen.



Évangile
« Il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit » (Lc 15, 1-32)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
les publicains et les pécheurs
venaient tous à Jésus pour l’écouter.
Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui :
« Cet homme fait bon accueil aux pécheurs,
et il mange avec eux ! »
Alors Jésus leur dit cette parabole :
« Si l’un de vous a cent brebis et qu’il en perd une,
n’abandonne-t-il pas les 99 autres dans le désert
pour aller chercher celle qui est perdue,
jusqu’à ce qu’il la retrouve ?
Quand il l’a retrouvée,
il la prend sur ses épaules, tout joyeux,
et, de retour chez lui, il rassemble ses amis et ses voisins
pour leur dire :
‘Réjouissez-vous avec moi,
car j’ai retrouvé ma brebis,
celle qui était perdue !’
Je vous le dis :
C’est ainsi qu’il y aura de la joie dans le ciel
pour un seul pécheur qui se convertit,
plus que pour 99 justes
qui n’ont pas besoin de conversion.

Ou encore, si une femme a dix pièces d’argent et qu’elle en perd une,
ne va-t-elle pas allumer une lampe, balayer la maison,
et chercher avec soin jusqu’à ce qu’elle la retrouve ?
Quand elle l’a retrouvée,
elle rassemble ses amies et ses voisines
pour leur dire :
‘Réjouissez-vous avec moi,
car j’ai retrouvé la pièce d’argent que j’avais perdue !’
Ainsi je vous le dis :
Il y a de la joie devant les anges de Dieu
pour un seul pécheur qui se convertit. »

Jésus dit encore :
« Un homme avait deux fils.
Le plus jeune dit à son père :
‘Père, donne-moi la part de fortune qui me revient.’
Et le père leur partagea ses biens.
Peu de jours après,
le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait,
et partit pour un pays lointain
où il dilapida sa fortune en menant une vie de désordre.
Il avait tout dépensé,
quand une grande famine survint dans ce pays,
et il commença à se trouver dans le besoin.
Il alla s’engager auprès d’un habitant de ce pays,
qui l’envoya dans ses champs garder les porcs.
Il aurait bien voulu se remplir le ventre
avec les gousses que mangeaient les porcs,
mais personne ne lui donnait rien.
Alors il rentra en lui-même et se dit :
‘Combien d’ouvriers de mon père ont du pain en abondance,
et moi, ici, je meurs de faim !
Je me lèverai, j’irai vers mon père,
et je lui dirai :
Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi.
Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.
Traite-moi comme l’un de tes ouvriers.’
Il se leva et s’en alla vers son père.
Comme il était encore loin,
son père l’aperçut et fut saisi de compassion ;
il courut se jeter à son cou
et le couvrit de baisers.
Le fils lui dit :
‘Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi.
Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.’
Mais le père dit à ses serviteurs :
‘Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller,
mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds,
allez chercher le veau gras, tuez-le,
mangeons et festoyons,
car mon fils que voilà était mort,
et il est revenu à la vie ;
il était perdu,
et il est retrouvé.’
Et ils commencèrent à festoyer.

Or le fils aîné était aux champs.
Quand il revint et fut près de la maison,
il entendit la musique et les danses.
Appelant un des serviteurs,
il s’informa de ce qui se passait.
Celui-ci répondit :
‘Ton frère est arrivé,
et ton père a tué le veau gras,
parce qu’il a retrouvé ton frère en bonne santé.’
Alors le fils aîné se mit en colère,
et il refusait d’entrer.
Son père sortit le supplier.
Mais il répliqua à son père :
‘Il y a tant d’années que je suis à ton service
sans avoir jamais transgressé tes ordres,
et jamais tu ne m’as donné un chevreau
pour festoyer avec mes amis.
Mais, quand ton fils que voilà est revenu
après avoir dévoré ton bien avec des prostituées,
tu as fait tuer pour lui le veau gras !’
Le père répondit :
‘Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi,
et tout ce qui est à moi est à toi.
Il fallait festoyer et se réjouir ;
car ton frère que voilà était mort,
et il est revenu à la vie ;
il était perdu,
et il est retrouvé ! »

© AELF


Jean Gauci
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Re: Partage d'évangile du 15 septembre 2019

Message par Jean Gauci » mer. sept. 11, 2019 10:24 am

Je pense à cet enfant prodigue... ( c'est à dire à chacun de nous) qui a fait deux parcours. Le premier, les poches remplies de l'héritage et le coeur léger. Aller vers la fête, les filles, la vie facile et les copains. Une vie en pente douce soumise à la pesanteur des désirs les plus fous, des désirs de riches.
Puis le temps des vaches maigres. Sans argent, plus de fêtes, plus de filles, plus de copains... il ne reste que les cochons. Faut-il donc avoir faim pour retrouver le goût du pain, l'authenticité des amitiés, la relativité du succès et le souvenir de ceux qui nous aiment... vraiment ?
La descente toujours aisée devient une montée difficile quand on a décidé de revenir. N'est-ce pas une image réaliste de la vie ? La jeunesse qui coule et l'âge mûr quand il est si difficile d'avancer... à cause des rhumatismes sans doute mais aussi du poids d'une vie passée.
Revenir... Le parcours ne se fait qu'après le constat du manque et du vide et qu'avec la force de l'espérance.
Sans l'espérance , le fils prodigue serait mort de faim au milieu des cochons. C'est l'espérance qui lui fait supporter l'humiliation de la demande du pardon, c'est l'espérance qui nourrit son coeur et ses mollets, c'est l'espérance qui lui fait croire au salut.
L'Espérance, c'est ce qui manque le plus au monde et à nous mêmes... Quand les derniers kilomètres de la vie rendent les pas plus difficiles, c'est l'espérance qui fait avancer.

francippo
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Re: Partage d'évangile du 15 septembre 2019

Message par francippo » mer. sept. 11, 2019 7:24 pm

Un grand merci Jean Gauci pour votre commentaire. je partage complètement ce que vous avez écrit
Et Charles Péguy déjà a écrit sur la "petite espérance":(extraits)
"Ce qui m'étonne, dit Dieu, c'est l'espérance.
Et je n'en reviens pas.
Cette petite espérance qui n'a l'air de rien du tout.
Cette petite fille espérance.
Immortelle.
... Car mes trois vertus, dit Dieu.
Les trois vertus mes créatures.
Mes filles mes enfants...
... La Foi est une Épouse fidèle.
La Charité est une Mère.
Une mère ardente, pleine de cœur.
Ou une sœur aînée qui est comme une mère.
L'Espérance est une petite fille de rien du tout.
... L'Espérance voit ce qui n'est pas encore et qui sera.
Elle aime ce qui n'est pas encore et qui sera
Dans le futur du temps et de l'éternité...
... au milieu entre ses deux grandes sœurs elle a l'air de se laisser traîner.
... Et en réalité c'est elle qui fait marcher les deux autres.
Et qui les traîne.
Et qui fait marcher tout le monde.
Et qui le traîne.
Car on ne travaille jamais que pour les enfants...
Charles Péguy,
Le Porche du mystère de la deuxième vertu, 1912
francippo 8-)

Flor
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Re: Partage d'évangile du 15 septembre 2019

Message par Flor » jeu. sept. 12, 2019 3:48 pm

UN PERE AVAIT DEUX FILS
OR, l'Evangile de ce jour est souvent nommé :" la parabole de l'enfant prodigue "
On a tellement utilisé, répété cette parabole dans les célébrations pénitentielles, avec le magnifique tableau de Rembrandt, qu'on ne voit que
le fils en guenilles à genoux devant le père qui le serre contre lui ... la parabole devient une morale pour la confession des péchés....

Plus d'héritage.... Le Père retrouve son fils "qui était mort et qui est revenu à la vie ". C'est une re-naissance , une autre relation s'invente entre le Père et le Fils . Et la fête commence.

UN PERE AVAIT DEUX FILS
Et l'Autre ? Il refuse de participer à la fête, lui qui est resté toujours tout près de son père, fidèle , travailleur , il fait des reproches à son père, ne reconnaît plus son frère : " TON fils que voilà....." Les relations sont rompues !

Le Père , c'est lui maintenant qui supplie ce fils ingrat.
Ce père aime ses deux enfants , mais il doit re-devenir Père dans une relation nouvelle.

Ce PERE AURA DEUX FILS
Qu'a fait le second ? est-il rentré dans la Fête ?

Est-ce que chacun de nous ne se retrouve pas dans ces deux fils ?
Celui qui part , insouciant.... celui qui reste , trop près, sûr de sa fidélité, qui n'a plus rien à dire ...
Et le PERE , dans son Amour, ré-adopte l'un et l'autre !

Jean Gauci
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Re: Partage d'évangile du 15 septembre 2019

Message par Jean Gauci » ven. sept. 13, 2019 10:08 am

Merci Francippo, Merci de nous rappeler l'insondable beauté de l'espérance. Le parallèle de l'Evangile entre le fils pécheur et repenti et le fils fidèle mais le coeur rempli de jalousie éclaire d'une singulière clarté cette pensée de Luther : Qu'importe ton péché si ta foi est plus grande encore (traduction libre)
Je dirai que le péché nous est consubstantiel mais la conversion nous rend plus grands. Inversement, à quoi servirait une vie vertueuse si notre coeur était pollué par la jalousie, la haine et le sentiment, mais surtout par l'arrogance de nous croire assez justes pour juger et condamner les autres...

Jean Gauci
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Re: Partage d'évangile du 15 septembre 2019

Message par Jean Gauci » ven. sept. 13, 2019 10:16 am

Oui, Flor. Oui, vous avez raison de faire le parallèle entre les deux fils qui coexistent en chacun.
Pécheurs, nous savons ce que c'est, bien que nous mettions les péché là où il n'est pas alors que nous ne le voyons pas quand il nous étouffe. Mais justes, jaloux, fidèles, bons chrétiens sans nous douter que l'orgueil d'être "conformes" nous faits procureurs des autres, ça ne nous effleure que rarement. Des évêques sapent l'autorité du pape François par des manoeuvres sordides... et ils célèbrent l'eucharistie tous les matins !
Vous dites que Dieu aime ces deux fils là... Sans doute. Mais pour lequel aurait-il plus de tendresse ?

Flor
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Re: Partage d'évangile du 15 septembre 2019

Message par Flor » ven. sept. 13, 2019 3:23 pm

" Pour lequel aura-t-il plus de tendresse ?"

Pour le fils "perdu"....... sans doute !

Là ,je m 'en réfère à Jésus :
Il allait vers les "petits ", qui ne sont pas fiers d'eux -mêmes, qui osent dire leur manque ,leur faiblesse ,leur pauvreté de toutes sortes......

-Le bonhomme Zachée -un notable !-grimpe sur un arbre pour voir Jésus et Jésus , pressé par la foule, ne voit que lui ,caché derrière les feuilles !!
"Allez! descends, je viens manger chez toi ! " On sait la suite .

-Le "bon " larron sur la Croix ....." ce soir tu seras avec moi dans le Paradis !..."

-A l'aveugle Bartimée ..." Que veux-tu que je fasse pour toi ?"

Et toujours Jésus regarde, écoute , entend, pardonne , guérit tous ceux qui gardent la " Petite Espérance " au creux du coeur !

Michel Scouarnec et Jo Akepsimas le disent si bien !

"Si l' Espérance t'a fait marcher plus loin que ta peur
Tu auras les yeux levés
Alors tu pourras tenir jusqu'au Soleil de Dieu .

Si la misère t'a fait chercher aux nuit de la faim
Tu auras le coeur ouvert
Alors tu pourras donner le pain de pauvreté.

Si l'abondance t'a fait mendier un peu d'amitié
Tu auras les mains tendues
Alors tu pourras brûler l'argent de tes prisons .

Si la faiblesse t'a fait tomber au bord du chemin
Tu sauras ouvrir tes bras
Alors tu pourras danser au rhytme du pardon.
.......................

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