Partage d'évangile du 8 septembre 2019

Commentaires des textes du dimanche, oecuménisme, usage du latin, rôle des laïcs...

Modérateur : Françoise T.

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hélios
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Partage d'évangile du 8 septembre 2019

Message par hélios » lun. sept. 02, 2019 8:48 am

Première lecture
« Qui peut comprendre les volontés du Seigneur ? » (Sg 9, 13-18)

Lecture du livre de la Sagesse

Quel homme peut découvrir les intentions de Dieu ?
Qui peut comprendre les volontés du Seigneur ?
Les réflexions des mortels sont incertaines,
et nos pensées, instables ;
car un corps périssable appesantit notre âme,
et cette enveloppe d’argile
alourdit notre esprit aux mille pensées.
Nous avons peine à nous représenter ce qui est sur terre,
et nous trouvons avec effort ce qui est à notre portée ;
ce qui est dans les cieux, qui donc l’a découvert ?
Et qui aurait connu ta volonté,
si tu n’avais pas donné la Sagesse
et envoyé d’en haut ton Esprit Saint ?
C’est ainsi que les sentiers des habitants de la terre
sont devenus droits ;
c’est ainsi que les hommes ont appris ce qui te plaît
et, par la Sagesse, ont été sauvés.



Psaume
(Ps 89 (90), 3-4, 5-6, 12-13, 14.17abc)

R/ D’âge en âge, Seigneur,
tu as été notre refuge. (Ps 89, 1)

Tu fais retourner l’homme à la poussière ;
tu as dit : « Retournez, fils d’Adam ! »
À tes yeux, mille ans sont comme hier,
c’est un jour qui s’en va, une heure dans la nuit.

Tu les as balayés : ce n’est qu’un songe ;
dès le matin, c’est une herbe changeante :
elle fleurit le matin, elle change ;
le soir, elle est fanée, desséchée.

Apprends-nous la vraie mesure de nos jours :
que nos cœurs pénètrent la sagesse.
Reviens, Seigneur, pourquoi tarder ?
Ravise-toi par égard pour tes serviteurs.

Rassasie-nous de ton amour au matin,
que nous passions nos jours dans la joie et les chants.
Que vienne sur nous la douceur du Seigneur notre Dieu !
Consolide pour nous l’ouvrage de nos mains.



Deuxième lecture
« Accueille-le, non plus comme un esclave, mais comme un frère bien-aimé » (Phm 9b-10.12-17)

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre à Philémon

Bien-aimé,
moi, Paul, tel que je suis, un vieil homme
et, qui plus est, prisonnier maintenant à cause du Christ Jésus,
j’ai quelque chose à te demander pour Onésime,
mon enfant à qui, en prison, j’ai donné la vie dans le Christ.
Je te le renvoie,
lui qui est comme mon cœur.
Je l’aurais volontiers gardé auprès de moi,
pour qu’il me rende des services en ton nom,
à moi qui suis en prison à cause de l’Évangile.
Mais je n’ai rien voulu faire sans ton accord,
pour que tu accomplisses ce qui est bien,
non par contrainte mais volontiers.
S’il a été éloigné de toi pendant quelque temps,
c’est peut-être pour que tu le retrouves définitivement,
non plus comme un esclave,
mais, mieux qu’un esclave, comme un frère bien-aimé :
il l’est vraiment pour moi,
combien plus le sera-t-il pour toi,
aussi bien humainement que dans le Seigneur.
Si donc tu estimes que je suis en communion avec toi,
accueille-le comme si c’était moi.


Evangile
« Celui qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut pas être mon disciple » (Lc 14, 25-33)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
de grandes foules faisaient route avec Jésus ;
il se retourna et leur dit :
« Si quelqu’un vient à moi
sans me préférer à son père, sa mère, sa femme,
ses enfants, ses frères et sœurs,
et même à sa propre vie,
il ne peut pas être mon disciple.
Celui qui ne porte pas sa croix
pour marcher à ma suite
ne peut pas être mon disciple.

Quel est celui d’entre vous
qui, voulant bâtir une tour,
ne commence par s’asseoir
pour calculer la dépense
et voir s’il a de quoi aller jusqu’au bout ?
Car, si jamais il pose les fondations et n’est pas capable d’achever,
tous ceux qui le verront vont se moquer de lui :
‘Voilà un homme qui a commencé à bâtir
et n’a pas été capable d’achever !’
Et quel est le roi
qui, partant en guerre contre un autre roi,
ne commence par s’asseoir
pour voir s’il peut, avec dix mille hommes,
affronter l’autre qui marche contre lui avec vingt mille ?
S’il ne le peut pas,
il envoie, pendant que l’autre est encore loin,
une délégation pour demander les conditions de paix.

Ainsi donc, celui d’entre vous qui ne renonce pas
à tout ce qui lui appartient
ne peut pas être mon disciple. »


© AELF

Jean Gauci
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Re: Partage d'évangile du 8 septembre 2019

Message par Jean Gauci » mer. sept. 04, 2019 8:36 am

« Si quelqu’un vient à moi
sans me préférer à son père, sa mère, sa femme,
ses enfants, ses frères et sœurs,
et même à sa propre vie,
il ne peut pas être mon disciple."



La réponse à cette étonnante déclaration de Jésus, se trouve d’abord dans le livre de la Sagesse :

« Quel homme peut découvrir les intentions de Dieu ?
Qui peut comprendre les volontés du Seigneur ? »


Sans l’aide de l’Esprit, les paroles de Dieu sont impénétrables et parfois choquantes.

Préférer Dieu à son père et à sa mère, ce n’est pas ne pas les aimer. Préférer Dieu jusqu’à sa propre vie, c’est d’abord mettre Dieu au plus haut de la hiérarchie de l’amour au point qu’il peut demander la vie de l’homme comme preuve de sa fidélité. « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime »

Mais est-ce vraiment pertinent de comparer l’amour de Dieu et l’amour de son père et de sa mère ?

Les deux « amours » ne sont pas du même ordre. L’amour des proches est nécessairement relatif, humain, affectif. Relatif, parce que nous aimons d’un amour actif ceux qui nous sont chers pendant leur vie. Morts, il ne reste que la trace du souvenir ; humain, car nous aimons « corps et âme » dans un flux variable, avec ses tendresses et ses pannes. Affectif parce que la sensibilité joue un rôle essentiel dans les amours humaines.

Aimer Dieu est avant tout une démarche de foi. La sensibilité peut y trouver son compte mais elle n’est pas nécessaire. On peut aimer Dieu sans « l’aimer » affectivement, sans vibrer, sans un sentiment éperdu. Aimer Dieu, c’est d’abord le placer au dessus de toute chose, faire sa volonté et aimer son prochain par amour pour Lui. On peut continuer à aimer Dieu dans la nuit du doute. Combien ont poursuivi leurs œuvres admirables de charité ( Mère Térésa ou Sœur Emmanuelle) alors qu’ils étaient traversés par une lassitude extrême et un doute profond ?

L’amour des hommes, même proches, est un amour de la terre, temporel, variable, fragile, soumis aux aléas de la vie, qui disparaît quand disparaissent ceux que nous aimons, car ce qui reste est le souvenir de l’amour mais pas l’amour vivant du présent.

Aimer Dieu, c’est nécessairement se placer dans l’ordre de l’infini et de l’éternité, c’est déjà participer à la vie divine du Christ.

francippo
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Re: Partage d'évangile du 8 septembre 2019

Message par francippo » jeu. sept. 05, 2019 10:54 am

N'ayant pas d'idées pour commenter ces textes je suis allée chercher sur Internet et me suis arrêtée sur les commentaires de Marie-Noëlle Thabut,
dont je vous livre ici la fin, car c'est assez long, mais très intéressant:
"On est bien, là aussi, dans une optique de risque calculé ; pour suivre Jésus, il nous dit les risques : savoir tout quitter, accepter l’incompréhension et parfois la persécution, accepter de renoncer à la rentabilité immédiate. Pour être Chrétien, le vrai calcul, la vraie sagesse, c’est de ne compter sur aucune de nos sécurités de la terre ; c’est un peu comme s’il nous disait : « Acceptez de n’avoir pas de sécurités : ma grâce vous suffit. » Déjà, la première lecture tirée précisément du livre de la Sagesse nous l’avait bien dit : la sagesse de Dieu n’est pas celle des hommes ; ce qui paraîtrait une folie aux yeux des hommes est la seule sagesse valable aux yeux de Dieu. Avec lui, on est bien toujours dans la logique du grain de blé : il accepte d’être enfoui, mais c’est à ce prix qu’il germe et donne du fruit.
Bienheureux donc ceux qui sauront se désencombrer des fausses précautions… C’est peut-être cela se préparer à passer par la porte étroite dont il était question au vingt-et-unième dimanche (Lc 13,24) ?"

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