Qui sauvera l'Eglise ?

Le pape François, rôle des laïcs, célibat des prêtres, divorcés-remariés, finances, vocations, questions de foi

Modérateur : Françoise T.

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booboon
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Re: Qui sauvera l'Eglise ?

Message par booboon » dim. déc. 09, 2018 10:57 pm


Jean Gauci
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Re: Qui sauvera l'Eglise ?

Message par Jean Gauci » lun. déc. 10, 2018 11:57 am

Merci Booboon de cette référence à la vision du pape Benoit sur le devenir de l'Eglise; Il est étonnant de lucidité.
Je vais essayer de le publier dans nos forums car j'aimerais savoir si tout le monde partage ce regard. Avec ma vivante amitié.
jean

Jean Gauci
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De la crise actuelle émergera l’Église de demain (Joseph Ratzinger)

Message par Jean Gauci » lun. déc. 10, 2018 12:02 pm

De la crise actuelle émergera l’Église de demain – une Église qui aura beaucoup perdu. Elle sera de taille réduite et devra quasiment repartir de zéro. Elle ne sera plus à même de remplir tous les édifices construits pendant sa période prospère. Le nombre de fidèles se réduisant, elle perdra nombre de ses privilèges. Contrairement à une période antérieure, l’Église sera véritablement perçue comme une société de personnes volontaires, que l’on intègre librement et par choix. En tant que petite société, elle sera amenée à faire beaucoup plus souvent appel à l’initiative de ses membres.

Elle va sans aucun doute découvrir des nouvelles formes de ministère, et ordonnera à la prêtrise des chrétiens aptes, et pouvant exercer une profession. Dans de nombreuses petites congrégations ou des groupes indépendants, la pastorale sera gérée de cette manière. Parallèlement, le ministère du prêtre à plein temps restera indispensable, comme avant. Mais dans tous ces changements que l’on devine, l’essence de l’Église sera à la fois renouvelée et confirmée dans ce qui a toujours été son point d’ancrage : la foi en un Dieu trinitaire, en Jésus Christ, le Fils de Dieu fait Homme, en l’Esprit-Saint présent jusqu’à la fin du monde. Dans la foi et la prière, elle considérera à nouveau les sacrements comme étant une louange à Dieu et non un thème d’ergotages liturgiques.

L’Église sera une Église plus spirituelle, ne gageant pas sur des mandats politiques, ne courtisant ni la droite ni la gauche. Cela sera difficile pour elle, car cette période d’ajustements et de clarification va lui coûter beaucoup d’énergie. Cela va la rendre pauvre et fera d’elle l’Église des doux. Le processus sera d’autant plus ardu qu’il faudra se débarrasser d’une étroitesse d’esprit sectaire et d’une affirmation de soi trop pompeuse. On peut raisonnablement penser que tout cela va prendre du temps. Le processus va être long et fastidieux, comme l’a été la voie menant du faux progressisme à l’aube de la Révolution française – quand un évêque pouvait être bien vu quand il se moquait des dogmes et même quand il insinuait que l’existence de Dieu n’était absolument pas certaine – au renouveau du XIXe siècle. Mais quand les épreuves de cette période d’assainissement auront été surmontées, cette Église simplifiée et plus riche spirituellement en ressortira grandie et affermie. Les hommes évoluant dans un monde complètement planifié vont se retrouver extrêmement seuls. S’ils perdent totalement de vue Dieu, ils vont réellement ressentir l’horreur de leur pauvreté. Alors, ils verront le petit troupeau des croyants avec un regard nouveau. Ils le verront comme un espoir de quelque chose qui leur est aussi destiné, une réponse qu’ils avaient toujours secrètement cherchée.
Pour moi, il est certain que l’Église va devoir affronter des périodes très difficiles. La véritable crise vient à peine de commencer. Il faudra s’attendre à de grands bouleversements. Mais je suis tout aussi certain de ce qu’il va rester à la fin : une Église, non du culte politique car celle-ci est déjà morte, mais une Église de la foi. Il est fort possible qu’elle n’ait plus le pouvoir dominant qu’elle avait jusqu’à maintenant, mais elle va vivre un renouveau et redevenir la maison des hommes, où ils trouveront la vie et l’espoir en la vie éternelle.


Joseph Ratzinger – Lors de l'enregistrement d'une émission à la radio allemande en 1969...


Ce texte que je dois à la perspicacité de notre amie Boooboon m'a paru si lumineux et important que j'aimerais qu'il constitue une base de discussion entre nous.
A tous, heureuse semaine de l'Avent?
j.g

booboon
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Re: De la crise actuelle émergera l’Église de demain (Joseph Ratzinger)

Message par booboon » lun. déc. 10, 2018 2:54 pm

Jean Gauci a écrit :
Elle va sans aucun doute découvrir des nouvelles formes de ministère, et ordonnera à la prêtrise des chrétiens aptes, et pouvant exercer une profession. Dans de nombreuses petites congrégations ou des groupes indépendants, la pastorale sera gérée de cette manière. Parallèlement, le ministère du prêtre à plein temps restera indispensable, comme avant. Mais dans tous ces changements que l’on devine, l’essence de l’Église sera à la fois renouvelée et confirmée dans ce qui a toujours été son point d’ancrage : la foi en un Dieu trinitaire, en Jésus Christ, le Fils de Dieu fait Homme, en l’Esprit-Saint présent jusqu’à la fin du monde. Dans la foi et la prière, elle considérera à nouveau les sacrements comme étant une louange à Dieu et non un thème d’ergotages liturgiques.

L’Église sera une Église plus spirituelle, ne gageant pas sur des mandats politiques, ne courtisant ni la droite ni la gauche. Cela sera difficile pour elle, car cette période d’ajustements et de clarification va lui coûter beaucoup d’énergie. Cela va la rendre pauvre et fera d’elle l’Église des doux. Le processus sera d’autant plus ardu qu’il faudra se débarrasser d’une étroitesse d’esprit sectaire et d’une affirmation de soi trop pompeuse.

Ce qui m'étonne personnellement, c'est que vu de ma place, je n'ai pas l'impression que le pape Benoît XVI ait mis beaucoup d'ardeur à élargir la possibilité d'ordinations par exemple...

Cela me fait sourire par ailleurs qu'il parle d’ergotages liturgiques.... on a eu il y a peu une journée de formation pour curés et coordinateurs de catéchèse.... sur le thème de la première eucharistie. Il y avait clairement un fossé entre les curés, fans d'ergotages liturgiques, citant Vatican II, se référant au Catéchisme de l'Eglise Catholique etc... et les coordinateurs, beaucoup plus dans l'esprit "il faut laisser les personnes, fussent-elles des enfants, a fortiori même si ce sont des enfants, s'approcher de l'Eucharistie..; et la recevoir, quoiqu'il arrive"

Enfin , en ce qui concerne l'étroitesse d'esprit et l'affirmation de soi trop pompeuse.... cela me laisse perplexe que le futur Benoît XVI, qui, il me semble, a voulu des rapprochements avec les intégristes, ait dit cela... mais peut-être que l'étroitesse d'esprit n'est pas là où on pense et que c'est moi qui doit revoir ma copie ??

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