Lyon. Le drame. Essai de recherche des causes.

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Modérateur : Françoise T.

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joseph1
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Lyon. Le drame. Essai de recherche des causes.

Message par joseph1 » mer. nov. 13, 2019 1:18 pm

Un étudiant lyonnais a commis vendredi 8 novembre un acte terrible: il s’est immolé par le feu devant le Crous de Lyon.

Cet étudiant donne une explication de son geste dans un message publié sur Facebook et diffusé par son syndicat : « Cette année, faisant une troisième L2, je n’avais pas de bourse, et même quand j’en avais, 450 €/mois, est-ce suffisant ? […] J’accuse Macron, Hollande, Sarkozy et l’UE de m’avoir tué, en créant des incertitudes sur l’avenir de tous-tes, j’accuse aussi les Le Pen et les éditorialistes d’avoir créé des peurs plus que secondaires. Mon dernier souhait, c’est aussi que mes camarades continuent de lutter, pour en finir définitivement avec tout ça. Vive le socialisme, vive l’autogestion, vive la sécu ». Et d’ajouter la revendication du salaire étudiant, du salaire à vie et des 32 heures de travail par semaine.

Le syndicat Solidaires étudiant-e-s Lyon, c 'est à ce syndicat auquel adhérait l ' étudiant, a indiqué : « Ce sont bien ces institutions inhumaines, cette précarité, cette violence trop commune que l’Etat et l’Université exercent contre les étudiant-e-s dans l’indifférence générale qui ont guidé son geste, profondément politique, acte désespéré mais aussi et surtout geste de lutte contre un système fascisant et raciste qui broie. Elles sont à ce titre responsables et coupables. » Depuis, sur Twitter, le hashtag lancé par le syndicat, #LaPrécaritéTue, enregistre des centaines de messages expliquant comment le système capitaliste écrase et tue les étudiants.

En fait ce pauvre étudiant lyonnais a été également victime de la pression idéologique des organisations d 'extrême gauche, d 'une forme d'enfermement. Militant il a, selon les informations disponibles, fréquenté divers groupes et syndicats, traçant son parcours dans un petit milieu d’activistes d 'extrême gauche. Il s 'est familiarisé avec l’explication « systémique » des phénomènes : tout est de la faute au capitalisme. Trouvait sans doute grâce à ses yeux l ' anarchisme autogestionnaire: à bas les patrons; ou le fantasme de la lutte contre la bête immonde : les fascistes, les racistes rôdent de partout. Une véritable bouillie idéologique, un enfermement mental , une forme de paranoïa.

Ce type de discours s 'adresse par ailleurs à des étudiants dont le bagage intellectuel est insuffisant. Le baccalauréat ne joue plus son rôle de contrôle de la capacité à suivre des études supérieures. La réalité existe cependant : c 'est l 'impossibilité pour les bacheliers à réussir les examens universitaires, c' est la découverte du mensonge institutionnel diffusé par l’éducation nationale : le bac permet la poursuite d 'études supérieures.

Voilà ce qui ressort de ce drame : l’écosystème de l’extrême-gauche, est plus qu ' un vague délire. Il a une influence. Il limite la vision qu 'ont du monde des gens faiblement armés sur le plan idéologique, exploite leurs difficultés personnelles, leur explique que tous leurs malheurs sont dus à une cause unique : le système, en l' occurrence patriarcal/raciste/capitaliste. Tout cela aggravé par le caractère délétère de l éducation nationale.

Tristesse pour ce garçon qui a été aveuglé par ses " amis " et auquel on a trop facilement donné le baccalauréat , faisant naître ainsi des illusions aujourd'hui perdues.

Jean Gauci
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Re: Lyon. Le drame. Essai de recherche des causes.

Message par Jean Gauci » jeu. nov. 14, 2019 10:29 am

Bonjour Joseph,

Bien que je ne partage pas toute votre analyse, j'y trouve des réflexions de bon sens auxquelles j'adhère volontiers.
La cas de cet étudiant immolé par le feu est pathétique et appellerait plutôt le silence. Pourtant, je ne peux pas m'empêcher de penser aux agriculteurs qui se suicident et dont on ne parle pas chaque fois que cela se produit, car on devrait en parler tous les jours.
On ne parle presque pas de ces SDF qui meurent dans la rue, on ne parle pas de la misère affreuse qui ne se traduit pas par des suicides mais par une "prostitution alimentaire", on ne parle pas des sans logis qui dorment dans leur auto... Je trouve assez indécent l'instrumentalisation de ce drame qui sert de raison ou de prétexte à des débordements aux intentions suspectes.
Alors ? L'Etat doit-il tout faire, trouver de l'argent, du pain, des logements, des places dans les crèches, des crédits et des effectifs pour les hôpitaux ?
Si oui, puisque l'Etat, c'est nous, sommes nous prêts à augmenter nos impôts et à diminuer nos revenus ?
La réponses donnée par les cheminots, les grévistes de tous les horizons, les partis politiques qui attendent tout du gouvernement , le beurre et l'argent du beurre. La réponse est dans cette équation impossible (imbécile ?) tout recevoir et ne rien donner.
Vous visez l'extrême gauche, cher Joseph. Quand j'écoute les politiques de l'opposition, j'entends beaucoup de démagogues mais peu de courageux capables d'aller au fond du problème. "Quand il manque de foin, les chevaux se battent".
Sans ignorer les niches de richesses insuffisamment exploitées, je crois que la France s'appauvrit alors que les besoins s'accroissent. Nous vivons sur des avantages acquis alors que la prospérité du pays est derrière nous. Les bons sentiments n'ont jamais résolu les problèmes graves. Ce qui manque à notre pays, c'est l'argent sans doute mais plus encore de regarder l'état de la France en face, avec lucidité et courage et d'en tirer les conséquences.

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