La Corse c'est la France.

Vos réaction à ce qui fait la Une… ou pas assez.

Modérateur : Françoise T.

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hélios
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La Corse c'est la France.

Message par hélios » mar. févr. 06, 2018 10:48 am

J'ai beaucoup d'amis Corses. Nous avions même choisi comme parrain pour mon fils un ami Corse dont le prénom est ...........Jérémie....! Le deuxième prénom de Philippe est ........Jérémie, un grand prophète !

Mais au moment où Le Président Macron va en Corse, je me permets de donner un modeste point de vue :

La République est une et indivisible. je ne vois pas au nom de quoi la Corse aurait un statut privilégié ou alors il faut le donner à beaucoup de régions françaises à commencer par la Provence, la Bretagne etc........

Demander que la langue Corse soit reconnue au même titre que le Français est prétentieux. Combien de Corses parlent le Corse qui est une langue parlée.

Que des élus Corses de La république en marche aient joint leurs voix aux autonomistes les plus engagés est étonnant.....

Il me semble toutefois qu'on devrait répondre à la demande sur les prisonniers. Les rapprocher de leur famille est normal. Mais ces prisonniers sont des condamnés de droit commun et non des prisonniers politiques.

Attendons pour voir ce que va dire Macron.


Hélios

booboon
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Re: La Corse c'est la France.

Message par booboon » mar. févr. 06, 2018 3:17 pm

hélios a écrit :
La République est une et indivisible. je ne vois pas au nom de quoi la Corse aurait un statut privilégié ou alors il faut le donner à beaucoup de régions françaises à commencer par la Provence, la Bretagne etc........


Hélios
Je me suis fait la même réflexion.... le terrain est très glissant il me semble ;)

levergero78
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Re: La Corse c'est la France.

Message par levergero78 » mar. févr. 06, 2018 7:47 pm

Je ne pense pas que la France sortirait grandie de son morcellement en régions auto nomes, voire indépendantes, comme elle le fut avant que certains rois ne réussissent à en faire un bloc.

L'Alsace, le pays basque, la Catalogne (partie française), la Bretagne, la Savoie, etc, etc...

Chacune avec sa langue et ses impôts...et peut être sa monnaie pourquoi pas ? Et bien sûr hors de l'Europe et de l'euro.

Leurs ressources : l'agriculture, la pêche, quelques usines de ci de là.

En Corse, ils sont vraiment inconscients...

Jean Gauci
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Les curiosités de l'Histoire

Message par Jean Gauci » mer. févr. 07, 2018 9:37 am

"RELATION de ce qui s'est passé à Bastia le Dimanche 27 Décembre 1789 à l'occasion du TE DEUM, chanté en action de grâce de l'incorporation de la Corse au Royaume de France, prononcée par le Décret de l'Assemblée Nationale le 30 Novembre précédent

(Texte, en italien et en français, imprimé à Bastia par Stefano Batini, Imprimeur du Roi. - Archives départementales de la Corse, Série F (Fonds Stefanini).


S'il fût jamais un évènement intéressant pour la Corse, c'est celui de son incorporation au vaste Empire des Français. Combien de siècles se sont écoulés, témoins de la longue oppression d'un Gouvernement tyrannique ! (en note : c'est du Gouvernement Génois qu'il est question). Que de sang a été versé pour alléger le poids des chaînes qui l'accabloient ! Dès les premiers temps de la Monarchie Française, cette Isle a eu recours à sa puissance, a imploré et obtenu la protection et l'appui de ses Souverains. Mais toujours un cruel despotisme, une impérieuse Aristocratie exerçant leur pouvoir arbitraire empoisonnoient les bontés qu'elle en recevoit, et lui rappelloient que le plus grand des biens, la liberté, lui manquoient.
Il étoit réservé à Louis XVI de lui donner l'espoir d'en jouir, il admit ces Députés au nombre des Notables de son Royaume, il lui permit d'en nommer aux Etats-Généraux qu'il convoqua, il traita les Corses comme ses Sujets, et déclara dans son Conseil qu'il les conservoit en cette qualité. Bientôt l'Assemblée Nationale dont leurs Députés faisoient partie arrêta les droits de l'homme et les articles de la constitution, le Roi le sanctionna, et s'honora du titre du Restaurateur de la liberté Française.
Dès ce moment les Corses purent être comptés au nombre des hommes libres, ce n'étoit pas assez, il falloit fixer ce précieux avantage d'une manière irrévocable. Le moment que la Providence avoit marqué à cet heureux évènement approchoit, et les Corses couroient encore le risque de le voir s'évanouir.
La Ville de Bastia en formant une milice Nationale, avoit aprouvé des obstacles que le zèle et l'enthousiasme n'hésitent jamais à franchir.
L'Assemblée Nationale en est instruite, on lui met sous les yeux les anciens malheurs de la Corse, son courage que rien n'a pu abattre, sa longue persévérance, son amour invincible pour la liberté. Ce Sénat auguste en est touché, et il prononce le Décret irrévocable de l'incorporation de la Corse à la France. Il ajoute à cet inestimable bienfait, celui de rappeler dans leur Patrie ces braves Citoyens que l'impuissance de la défendre en avoit exilés.
L'heureuse nouvelle en parvient au Comité de la Ville de Bastia : tous les coeurs en sont pénétrés, et leurs premiers voeux, est d'en rendre des actions de grâces publiques à l'Etre Suprême.
M. de Varese Président en fait la proposition, et est aussi-tôt authorisé à écrire au nom du Comité de la Capitale à tous les Evêques de Corse, pour les inviter à faire chanter dans toutes les Eglises de leurs Diocèses un Te Deum solemnel. Cette demande a été accueillie avec un égal empressement. M. l'Evêque de Bastia entr'autres s'est distingué par son zèle vraiment remarquable. C'est avec une simplicité Apostolique qu'il a déployé ses connoissances, et qu'il a répandu l'onction la plus tendre sur les sentimens dont il est animé pour le Troupeau confié à ses soins.
Le Dimanche 27 Décembre a été le jour choisi pour la célébration de cette sainte cérémonie, toutes les cloches de la Ville l'ont annoncée à l'heure du midi, l'Evêque de Sagone qui se trouvoit à Bastia, le Chapitre, et tout le Clergé séculier et régulier, et tous les corps militaires et civils, y ont été invités, et s'y sont rendus accompagnés et suivis d'une foule immense de citoyens de tous les ordres ; M. le Vicomte de Barrin, Commandant en chef, a précédé le Conseil Supérieur en robe rouge : on n'a pas vu au nombre des magistrats qui le composent, M. Morelli Président de la seconde Chambre, ni M. Belgodere de Bagnaja, membres du Comité, l'un et l'autre, ils ont préféré paroître en cette dernière qualité, s'honorant plus (d'après l'avis ouvert en plein Comité par M. Belgodere de Bagnaja) du simple titre de Citoyen, que du rang de Magistrat, dans une circonstance où le bonheur de la Corse intéresse si particulièrement tous les Citoyens.
Avant de commencer l'auguste cérémonie M. de Varese Président du Comité a présenté à l'Hôtel une jeune fille dotée par lui pour recevoir la bénédiction nuptiale avec le jeune homme qui l'épousa, ce mariage emblème de l'union indissoluble de la Corse à l'Empire Français, ne pouvoit être contracté sous de plus heureux auspices, puissent les Citoyens qui en naîtront, goûter dans leur maturité les fruits de la félicité que la Corse voit naître.
Les nouveaux époux reconduits à leur place, M. l'Evêque de Bastia s'est levé, et a prononcé un discours éloquent et pathétique sur l'objet qui réunissoit tous les habitans de la Capitale, il a béni l'Eternel, le Maître de l'ordre et des temps, d'avoir amené l'heureuse journée dans laquelle un Peuple généreux et libre a adopté pour jamais une Nation brave et guerrière, qui dans tous les temps s'étoit montrée l'ennemie du Despotisme altier, et avoit exposé ses biens et sa vie pour recouvrer la liberté, qu'elle venoit enfin d'obtenir. "Il n'en est point, s'est écrié le digne Prélat, de plus beau nom que celui de Français, il désigne des hommes libres soumis volontairement, et inviolablement attachés au Souverain qu'ils se sont donnés. Les Corses font actuellement partie de cette Nation puissante, c'est l'héritage d'Abraham et d'Isaac qui leur est assuré. Que le Ciel en reçoive nos plus vives actions de grâce, et terminant ce discours, dont on regrette de ne pouvoir rapporter tous les traits touchants, le Prélat avec un saint enthousiasme a entonné le Te Deum Laudamus.
A cet instant toutes les cloches de la Ville, les canons des Remparts, les salves de la Troupe Nationale, le bruit des boîtes se sont fait entendre, les Bâtimens du Port ont déployé leurs Pavillons, celui de France l'étoit sur la Citadelle, l'éclatant signal des foudres guerrières a été répété trois fois.
Une musique nombreuse a chanté le Te Deum, et le Psaume Exaudiat, après lequel M. l'Evêque de Bastia a donné la bénédiction du St. Sacrement.
En sortant de l'Eglise, le corps de la Ville et le Comité précédé de la musique militaire, et entouré de tous les Officiers de la garde Nationale, dans le même ordre qu'ils étoient entrés dans la Cathédrale, se sont rendus sur la place où l'on avoit préparé un feu de joie surmonté d'un Drapeau aux armes de France, unies à celles de la Corse et de la Ville de Bastia. M. Caraffa, Maire de la Ville, et M. de Varese Président du Comité tenant chacun une torche de cire blanche, ont mis le feu au bûcher, au bruit répété de vive la Nation, la Loi et le Roi, et la Liberté.
Pour terminer ce jour mémorable, les Citoyens ont volontairement illuminé la façade de leurs maisons. Toute distinction de Nation a cessé dans cet heureux jour consacré à la joie publique.
Il a vu naître un nouvel ordre de choses, il a vu le bonheur de la Corse attaché au bonheur de la France, pour n'en être plus séparé.
Que l'Univers l'approuve et y applaudisse, et que les races futurs en contemplent l'étendue, et louent l'Etre suprême d'avoir couronné la longue patience des Corses, par une série de jours heureux, qui leur fassent oublier tant de siècles de malheurs."

Corse historique, archéologique, littéraire, scientifique
1962/01 (A2, N5) - 1962/06 (A2, N6)

hélios
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Re: La Corse c'est la France.

Message par hélios » mer. févr. 07, 2018 9:46 am

Le Président Macron a vraiment fait ce qu'il fallait faire en Corse.

Il a eu un discours de fermeté qui convenait lors de son éloge au préfet Erignac. Bravo Président.

Il a eu raison d'inviter Monsieur Chevènement, ministre de l'Intérieur.

J'ai beaucoup aimé Madame Erignac entourée de ses deux enfants, son discours terrible pour des types qui sont des assassins.

Le Président Macron a fait un sans-faute, pour l'instant.

L'assassinat du Préfet Erignac a entaché pour longtemps les revendications des nationalistes.

Attendons le discours de cet après-midi.

Hélios

Jean Gauci
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Re: La Corse c'est la France.

Message par Jean Gauci » mer. févr. 07, 2018 10:39 am

On ne peut considérer sans importance le score spectaculaire des "Indépendantistes- Nationalistes- Autonomistes" corses aux dernières élections régionales.
Le fond du problème me parait le suivant:
Les corses veulent-ils rester dans la République Française ou en sortir en devenant indépendants dans une Corse autonome et indépendante ?
Je suis personnellement attaché au principe du droit des peuples à disposer d'eux mêmes et en tant qu'ancien français d'Algérie, je sais de quoi je parle.
Si la volonté des corses se manifeste clairement pour une indépendance de leur île, il faut respecter cette volonté, mais à ceci près, qu'ils n'attendent plus d'aide de la France qui ne saurait continuer à les soutenir financièrement.
L'indépendance dans l'interdépendance serait vouloir le beurre et l'argent du beurre..

andrevii
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Re: La Corse c'est la France.

Message par andrevii » mer. févr. 07, 2018 4:20 pm

Bonjour

Pour mener un pays à l'indépendance, les Corses le savent bien, il existe une méthode à laquelle ils ne sont pas encore heureusement résolus. IL faut mettre le pays à feu et à sang, ce qui provoquera un référendum d'autodétermination débouchant inévitablement sur l'indépendance. C'est ce qui s'est passé en Algérie.

Et ce n'est pas ce que veulent les indépendantistes corses.

Lors du référendum en Algérie, croyez-vous que la majorité des Algériens était résolument pour l'indépendance ? Moi je ne le crois pas. Les gens voulaient la paix avant toute chose et ont privilégié le contenant pour qu'enfin cessent les massacres.

Je crois que les autonomistes corses souhaiteraient un statut proche de celui de la Sardaigne leur voisine.

Mais il est vrai qu'il est toujours dangereux de créer des précédents.

André.
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