Prix Pèlerin du Témoignage 2020 : Le bateau fraise (5ème)

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Françoise T.
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Prix Pèlerin du Témoignage 2020 : Le bateau fraise (5ème)

Message par Françoise T. » mer. nov. 25, 2020 11:13 am

Le bateau fraise, d'Alain Labbé
:arrow: Il est surnommé "La fraise" sur les marchés bretons. Alain Labbé, navigateur, s'est reconverti dans la culture de la gariguette de Plougastel : en pleine terre, s'il vous plaît ! Mais comment s'en sortir, avec cette seule culture exigeante, soumise aux caprices de la météo, quand les cueilleurs prévus le lâchent pour un stage de reiki dans les Cévennes, que les acheteuses font la moue - "Vous n'avez pas des fraises à confiture ? ", que des animaux complotent sous les serres, qu'une lointaine amie vous appelle pour vous fourguer le pull de son frère mort et vous parler de son psy ? Alain consulte à son tour pour parler de la fraise qui rosit, de la vie qui poudroie et des mots qui enchantent. Et il écrit un témoignage hilarant.
Ed. Phébus, 256 p.; 18€.


Margareta M., 57 ans, concertiste, Sainte-Foy-les-Lyon (Rhône)
Beaucoup de douceur, de psychologie et de volonté dans ce cheminement, une belle démarche ponctuée d’éclats de rire. Ce texte très drôle au rythme soutenu, est un vrai tableau vivant. Des descriptions bien réelles non seulement d’un travail dur et fatigant mais aussi des employés et des clients. Le travail acharné et les années consacrées à cultiver ces fraises finissent par payer. Les personnes qui entourent Alain sont drôles, têtues, acharnées, sympathiques ou détestables, mais finalement toutes attachantes. J’ai pris énormément de plaisir à lire ce livre et j’ai beaucoup ri !

Andréa D., 31 ans, professeur d’anglais, Lyon (Rhône)

Ce récit étonne, émeut, fait rire et réfléchir tour à tour, en nous plongeant dans le monde difficile de la monoculture, où le moindre aléa peut ruiner le producteur. La question sociale – voire politique – du quotidien des travailleurs agricoles est ici abordée de manière presque poétique, avec une écriture d’une grande qualité et des images fortes : je crois encore voir ces corbeaux voleurs de fraises que l’auteur nous décrit assoupis au milieu des fruits, le bec barbouillé et les pattes en l’air. On sort de cette traversée agitée, dans laquelle le rire le dispute parfois au désespoir, avec des idées plein la tête et le sentiment que le meilleur de l’homme côtoie bien souvent le pire.

Marcelle A., 80 ans, Thoiry (Ain)

« Quand tant de gens autour de moi œuvraient pour que la voile devienne un sport et non une aventure, je lâchais…» Alain Labbé est un vrai conteur. Son texte est parsemé d’anecdotes et de portrait inédits. Il y a beaucoup d’humour mais aussi de réflexions sur quantités de sujets. Son style est fluide et parfait. Ainsi, comment ce sacré bonhomme peut-il nous intéresser en longues pages passionnantes sur les marchés, une chose que tout le monde connait ! Mais on ne se lasse pas de le lire avec grand plaisir. « Je ne sais raconter que des moments », dit-il modestement, mais ses moments sont fascinants et amusants.

Annie S., 70 ans, enseignante, Saint-Bardos (Lot-et-Garonne)
Ce marin-paysan livre un combat face aux éléments, mais surtout face à lui-même... On sent en effet une grande solitude qu'il cherche à soigner de toutes les manières, parfois un peu maladroitement, s'entourant de compagnons de travail peu fiables, attachants mais fragiles, recherchant une amitié ou un amour qu'il a du mal à retenir quand ils se présentent... Bref un homme trop sensible, riche de ses contradictions. J'ai aimé ce portrait qui se devine sous le récit, par transparence. Il y a dans ce livre plusieurs pages d'anthologie qui m'ont absolument séduite parce qu'elles m'ont fait rire, rire, rire... avec un trait d'une lucidité remarquable et finalement beaucoup d'empathie pour le genre humain.
Modératrice des forums pelerin.info et responsable des relations lecteurs de Pèlerin.

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