Prix Pèlerin du Témoignage 2020 : Anaïs s'en va-t-en guerre (6ème)

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Françoise T.
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Prix Pèlerin du Témoignage 2020 : Anaïs s'en va-t-en guerre (6ème)

Message par Françoise T. » mer. nov. 25, 2020 11:09 am

Anaïs s’en va-t-en guerre, d’Anaïs Kerhoas

:arrow: Née en 1987 à Saint-Malo, Anaïs est une jeune herboriste bretonne, bien décidée à « cultiver son jardin »*. Elle conte dans ce récit sensible et sans fard son enfance bretonne, ses désirs d’évasion, son voyage en Inde, à 18 ans, où elle a dû apprendre à se débrouiller seule ; son retour en France, sa formation en tant qu’herboriste, profession non reconnue dans notre pays, alors qu’elle l’est presque partout ailleurs ; les cultures, la galère, la débrouille, un travail fou, pour gagner peu… Un vif exemple de « sobriété heureuse » avec les effluves du romarin, de la marjolaine et de la sauge, pour des tisanes sauvages à l’odeur de liberté.
Ed. Equateurs, 180 p. ; 16 €

*Anaïs a été l’héroïne du documentaire « Anaïs s’en va-t-en guerre » en 2013, vu par 800 000 personnes, lauréat du Prix de la Compétition documentaire -Le Réel en Vue de Thionville en 2014.


Martine L., 59 ans, professeur de français, Reims (Marne)

Bravo et merci a-t-on envie de dire à l’héroïne qui, d’un bout à l’autre du récit paraît si fragile, nous émeut, alors qu’elle s’avère obstinément solide, forte, vivante et même « increvable » telle ses plantes, les « simples » : d’apparence frêle, méprisable, elles recèlent et délivrent à qui sait les cultiver des trésors de bienfaits. Bravo donc et merci pour ces rappels formateurs à l’essentiel, cette quête infatigable d’identité véritable, de bonheur non formaté ; pour l’observation passionnée et renouvelée du terrain, ce patient apprivoisement de la nature, qui mène au respect du bien commun ; pour la maturité qui vient apaiser et teinter de sagesse un quotidien qui n’est pas de tout repos. Bravo et merci à l’écrivaine qui est née en prenant le temps du partage de son existence, sans mensonge et sans fard, dans une écriture claire et fluide, bien rythmée, qui semble couler de source.

Marcelle A., 80 ans, Thoiry (Ain)

Anaïs fait preuve de personnalité et a une conscience aigüe du monde qui l’entoure. Elle parsème son récit de quelques analyses et remarques percutantes qui étonnent chez une si jeune personne. Des cours d’herboriste sur 2 ans par correspondance et une rencontre paraissent lui donner enfin confiance en elle et l’étude des vertus des plantes devient sa passion.

Yvon G., 74 ans, Paimpol (Côtes-d’Armor)
Le témoignage que nous donne Anaïs Kerhoas peut fournir des repères à celles et ceux qui s’interrogent sur leur rapport au temps, à l’argent, à bien des aspects de notre société de consommation, à la permanente tyrannie de l’urgence dans laquelle nous nous inscrivons trop souvent. Mais cela ne va pas sans difficultés et pour construire son projet que d’obstacles à franchir ! La lecture de son récit donne envie de voir ce film.

Blandine P., 46 ans, Mareuil-en-Brie (Marne)

Anaïs a beaucoup de courage d’avoir choisi une voie professionnelle dure, mais « conforme » à ses choix de vie, en respect avec la nature, pour laisser notre planète en « bon état ». Cette lecture m’a appris les « inepties » du système français qui ne reconnaît pas le métier d’herboriste et qui n’autorise que les pharmaciens (alors qu’ils ne sont pas diplômés de cette spécialité) à vendre des plantes, à conseiller… Une injustice qui lèse les producteurs, comme Anaïs, bien qu’ils soient diplômés « herboristes » ! J’aimerais beaucoup savoir, dans quelques années, la reconversion qu’elle a choisie, ce qu’elle est devenue…

Annie S, 70 ans, enseignante, Saint-Bardos (Lot-et-Garonne)
J’ai rencontré une jeune femme éprise de liberté. C’est cette quête qui m’a plu… La vie n’est pas simple: on se défait plus ou moins bien de son passé, on a des projets, on affronte des obstacles, on fait des rencontres, on rêve de voyages pour se fuir soi-même puis pour se retrouver, on essaie la vie à deux mais finalement on s’isole… Voilà ce que fait Anaïs, éternelle adolescente. Elle m’a touchée car nous ressemblons tous à des adolescents avec nos rêves, nos errements et nos réalisations.
Car Anaïs se réalise chaque fois qu’elle parle de fleurs, de plantes, qu’elle les énumère et les présente en nous faisant sentir leur parfum ou en nous donnant leur couleur, elle nous les fait même toucher en les effeuillant. Les plus belles pages du livre nous offrent la nature qu’elle aime et qu’elle essaie d’apprivoiser. Au passage, elle en profite cependant pour nous redire, au cas où nous ne l’aurions pas compris, que « ça ne pousse pas tout seul » et que le travail de paysan ou de jardinier n’est pas une sinécure.
Ce livre est donc un joli témoignage écrit simplement avec beaucoup de sincérité.

Pierre D., 53 ans, avocat, Wambrechies (Nord)
N'ayant pas vu le reportage télévision qui lui est consacré, j'abordais ce livre sans aucun à priori. Le parcours d'Anaïs est impressionnant. Autant de pugnacité que de volonté forcent l'admiration ! Ce témoignage constitue une belle vision du monde agricole, tout en pointant ses contradictions, le poids de l'administratif, mais surtout la noblesse et l'importance de cette profession pour nos campagnes. J'y ai beaucoup appris sur les vertus des plantes, y compris sur celles qui nous entourent dans nos jardins de ville (orties, thym...). Un bon et beau moment de lecture !

Michèle C., 68 ans, professeur de théologie, Arcachon (Gironde)
C’est un livre coloré et parfumé, au bon goût de nature. Un livre militant aussi contre la sur-consommation en particulier. Magnifiques descriptions, vocabulaire très riche. Témoignage d’un « changement de vie » très en vogue aujourd’hui (c’est le côté un peu gênant de ce témoignage), et qui passe forcément par l’Inde et le Gange, par l’apprentissage de la terre, par des référents comme Thoreau. Appel à la « sobriété heureuse », dont elle parle p.154 mais sans rendre l’expression à son auteur (Pierre Rhabi).

Françoise P., 88 ans, La Rochelle (Charente Maritime)
En dépit des difficultés se dégage de ce livre une paix, un émerveillement devant la nature, la vie simple, un désir profond de transmettre ce savoir ancestral sur les plantes. C’est rafraîchissant, avec des pages poétiques et lumineuses. C’est surtout un témoignage à soutenir pour redonner son importance au métier d’herboriste pour lequel la jeune femme s’investit avec une belle force de conviction. Un récit bien écrit, bien conduit, très riche.

Odile A., 68 ans, aumônier hospitalière, Villebernier (Maine-et-Loire)
Ouvrez ce livre et vous serez enivrés par les parfums de toutes ces plantes, vous serez passionnés par les mots d’Anaïs, vous vibrerez avec elle dans ses joies et dans les durs moments qu’elle a traversés. N’hésitez pas et prenez une grande bouffée d’air de la campagne. Vous vivrez une formidable leçon de vie qui n’est pas encore finie.

Robert H., Saint-Tropez (Var)

Les galères d'Anaïs ne constituent pas un récit très passionnant. Son orientation vers l'herboristerie, dans le contexte administratif actuel, n'est pas un parcours simple et sa vision de l'agriculture est assez pénible à lire, frustrante.
Modératrice des forums pelerin.info et responsable des relations lecteurs de Pèlerin.

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