Prix du Témoignage 2017 - Je viens d'Alep (2d)

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Françoise T.
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Prix du Témoignage 2017 - Je viens d'Alep (2d)

Message par Françoise T. » jeu. nov. 30, 2017 3:55 pm

Je viens d'Alep, de Joude Jassouma

Jeune professeur de français à Alep, Joude Jassouma a tout quitté, sa maison, ses biens, à quatre reprises, fuyant les bombes. Avant de traverser la mer, car il n’avait plus rien pour nourrir son bébé.

Dans ce récit, il témoigne de sa vie d’enfant obéissant, au sein d’une fratrie de neuf, obligé de travailler à 12 ans. Puis son mariage, la guerre qui se rapproche, qui le touche, sa fuite en canot sur la mer Égée, avec sa femme et son nourrisson, jusqu’à son installation en Bretagne.

Quatre millions de Syriens ont dû fuir, comme lui, victimes à la fois de la dictature et des factions islamistes. Sauvée par des Grecs, accueillie par des Français, la petite famille renoue avec la vie.

… Itinéraire d’un réfugié ordinaire, avec Laurence de Cambronne, Éd. Allary, 224 p. ; 18,90 €.

Commentaires

Martine R., 72 ans (Hauts-de-Seine)
Le témoignage de Joude Jassouma m’a émue aux larmes car cet « itinéraire d’un réfugié ordinaire » est en fait le parcours d’un homme plutôt extraordinaire de courage et de volonté pour faire des études, protéger les siens, puis fuir et, enfin, s’intégrer avec reconnaissance et dignité. J’ai fermé ce livre avec la fierté d’être du pays qui a reçu cette famille et un grand désir d’accueillir et encourager tous ces déracinés au nom desquels il témoigne avec une merveilleuse maîtrise de notre langue.

Christine B., 66 ans, professeur de Lettres (Seine-Maritime)
Un courage infini, une grande douceur, un récit limpide qui fait tomber bien des préjugés sur les réfugiés et qui évoque Alep avant les années noires, ville heureuse ombragée d’arbres parfumés, ville aux superbes jardins que l’on a bien du mal à imaginer aujourd’hui…

Florence F., 33 ans, professeur de Lettres (Paris)
J'ai apprécié les explications données à la fin de l'ouvrage pour mieux saisir les tenants et les aboutissants de ce conflit. J'admire la force du récit, l'impressionnant courage de cet homme qui, par son laborieux travail, réussit à braver tous les obstacles. En prime, on est saisi par une belle histoire d'amour lorsqu'il retrouve sa bien-aimée qui deviendra sa femme et la mère de leur fille.

Yvon G., 71 ans (Côtes-d’Armor)
Rien d’extraordinaire dans le parcours qui conduit Joude d’Alep à Martigné-Ferchaud en Ille-et-Vilaine : tant d’autres ouvrages nous ont transmis des récits plus étonnants. Ici par petites touches, Joude Jassouma nous fait découvrir la réalité syrienne depuis le début du « printemps arabe ». Il enracine sa situation dans l’histoire de son pays et de la région, et je perçois mieux bien des aspects du quotidien : les coutumes (le mariage par exemple), les fossés entre chiites, sunnites, alaouites… Le récit est concret, de lecture aisée. Les annexes en fin d’ouvrage complètent judicieusement le témoignage.

Ingrid B., 37 ans, Directrice juridique (Paris)
Difficile de ne pas être saisis, mal à l'aise au fond de nos fauteuils, par l'opposition de notre quotidien et celui de Joude et de sa famille. À chaque page on tremble avec eux, respire avec eux, survit avec eux... Un témoignage qui vient de l'intérieur raconté avec tant de vérité qu'il nous touche en plein cœur.

Lisette M., 67 ans, Chirurgien dentiste (Bas-Rhin)
Au-delà de sa volonté, son désir indéfectible de poursuivre des études, sa bonne et vaillante nature, son courage et son intelligence qui forcent l'admiration et attirent une vraie sympathie, la chance de Joude Jassouma est de parler français ! Pas étonnant, dès lors, que son parcours soit jalonné de rencontres providentielles à l’instar de celle du maire du village breton de Martigné-Ferchaud, de son conseil municipal et de ses habitants, dont l'humanité et la générosité sont exemplaires. Je suis très heureuse d'apprendre qu'il a obtenu son statut de réfugié et souhaite que toutes ces qualités le conduisent à la belle réussite qu'il mérite et que tout lui prédit.

Michel P., 66 ans (Finistère)
L'auteur parle avec pudeur de la beauté de la ville d'Alep avant la guerre et décrit ensuite avec beaucoup de réalisme les atrocités de la guerre, les clivages entre les populations, les choix de chacun, les déchirements. L’évocation pleine de délicatesse d’Aya, son amour, offre un contraste saisissant.

Chantal B., 79 ans (Paris)
Ce livre m’a touchée car le parcours de l’auteur est proche de celui des réfugiés que nous côtoyons et qui sont souvent en butte au refus d’un certain nombre d’Européens, qui acceptent mal leur arrivée sur notre territoire. J’ai aussi été intéressée par le parcours de vie d’un enfant d’une famille nombreuse et très pauvre, mis au travail dès l’âge de 12 ans, qui est néanmoins parvenu à poursuivre des études universitaires.
Modératrice des forums pelerin.info et responsable des relations lecteurs de Pèlerin.

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