Suicide d'un prêtre... encore un.

Le pape François, rôle des laïcs, célibat des prêtres, divorcés-remariés, finances, vocations, questions de foi

Modérateur : Françoise T.

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Jean Gauci
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Suicide d'un prêtre... encore un.

Message par Jean Gauci » lun. mars 02, 2020 6:54 pm

"Ce vendredi 28 Février, le curé de la paroisse St Arnoux du gapençais et curé de la cathédrale de Gap, s’est suicidé par pendaison à La Rochette, sur les hauteurs des environs de Gap, après avoir appris qu’une personne de sa famille avait déposée plainte contre lui, pour viol…"

hélios
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Re: Suicide d'un prêtre... encore un.

Message par hélios » mar. mars 03, 2020 11:56 am

Les obsèques du Père Dubois ont lieu mercredi 4 mars en présence de l'évêque de Gap et de Monseigneur Di Falco.

Triste, triste......ce prêtre s'est pendu !

Hélios

booboon
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Re: Suicide d'un prêtre... encore un.

Message par booboon » mar. mars 03, 2020 3:27 pm

Pour mon mari, c'est une forme d'aveu...
pas forcément. Cela peut être parce que ce prêtre a découvert l'immoralité de beaucoup de prélats, peut-être a t il même lui même vécu des choses douloureuses, et il n'a rien osé dire à sa hiérarchie...
On peut faire beaucoup de suppositions, le résultat est le même : en effet, c'est triste.... très triste !
Mais combien faudra-t-il de suicides de prêtres pour que les évêques réagissent ? Prennent des mesures efficaces ? Admettent que oui, leur diocèse aussi peut abriter des abuseurs d'enfants ?
Mardi prochain, la commission Sauvé (CIASE) vient dans mon diocèse.... je pense aller à leur rencontre...

Je constate autour de moi que sur la question de la pédophilie, si on n'est pas touché de près, on pense toujours que "ça n'arrive qu'aux autres".... avec toujours un fond de "oui mais cet enfant n'aurait pas dû faire ci ou ça", "ses parents n'auraient pas dû l'envoyer ici ou là".... "tout cela fait grand mal à l'Eglise".... encore une fois, la grande majorité des catholiques ne se sent pas concernée. Alors je répète ma question qui était valable pour les évêques, mais qui est valable aussi pour tous les baptisés : combien faudra-t-il de suicides de prêtres ou d'autres personnes pour qu'on veuille bien entendre l'inaudible ??

andrevii
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Re: Suicide d'un prêtre... encore un.

Message par andrevii » mar. mars 03, 2020 4:08 pm

Bonjour

Dans un précédent post, j'écrivais : "A qui le tour ?" Et bien nous le savons aujourd'hui. Et demain ?
Mgr Di Falco a été lui aussi soupçonné d'un délit sexuel dont je ne me souviens plus la nature exacte. Heureusement, il a pu se disculper et la plainte a été classée sans suite. Il a sans doute été victime de ce que l'abbé Pierre appelait "les amitiés particulières", endémiques en milieu clos exclusivement masculin. Cela n'a rien de répréhensible à priori.

Cela me conforte dans mon sentiment que les présumés coupables sont autant à plaindre que les présumées victimes. Je crois que chaque individu a un jardin secret, une personnalité secondaire antagoniste de la première et contre laquelle il est difficile de lutter. C'est la version diabolique de l'égo. J'aimerais aborder ce problème en libre discussion mais je ne sais pas par quel bout aborder ce délicat sujet. Je suis parfois limite dans mes jugements mais je ne voudrais pas que l'on pense que je cautionne les comportements déviants, j'essaie simplement de les comprendre et de les situer en état de carence affective, partant de ce constat, on peut tout redouter. Il n'y a vraiment que les crapules qui ne m'émeuvent pas.

André.
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Jean Gauci
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Re: Suicide d'un prêtre... encore un.

Message par Jean Gauci » mer. mars 04, 2020 1:51 pm

Tous les scandales qui ont éclaboussé l’Eglise concernent La sexualité des prêtres. Les religieuses semblent avoir été épargnées.
Quand j’écris la sexualité des prêtres, je dis une sottise car les prêtres n’ont pas de sexualité, ou, du moins, sont censés de pas en avoir. Le problème vient du fait qu’ils ne sont pas émasculés et s’ils n’ont pas de réponse à leur sexualité, ils trainent éternellement la question : « Que faire de ma sexualité ? Comment gérer mes pulsions, mes désirs » qu’eux appellent des « tentations »... L Eglise et sa longue obsession du péché de la chair a voulu nous faire croire que les prêtres étaient des être purs. La réalité s’est longtemps cachée dans des pratiques, des relations, des organisations clandestines et hypocrites couvertes par le culte du secret. « Surtout pas de scandale » nous intimaient nos parents ou nos maitres quand un dérapage avait conduit l’un d’eux dans un lit adultère.
Le tabou du sexe a même masqué les exigences évangéliques. Des amis prêtres m’ont avoué que l’essentiel des péchés confessés concernaient la sexualité... Tellement plus importante et grave que la médisance, la calomnie, l’injustice, l’avarice ou la haine.
Mais voilà que les infidélités des prêtres ne peuvent plus faire sourire quand elles se traduisent pas des drames... Drames des victimes de prêtres qu’on ne saurait ignorer ou minimiser, mais drames aussi de ces prêtres trainés dans les tribunaux ou pire encore de ces prêtres acculés au suicide.
Combien de pulsions ce prêtre de Gap a-t-il dû contenir avant cet écart, cette bêtise, ce viol, ce crime, appelons le comme on voudra, qu’il n’a pu réprimer ? Pour tout homme toute femme, normalement constitués, la sexualité est un besoin vital, un impératif aussi essentiel que le manger, le boire, le dormir ou le respirer. Les prêtres n’y échappent pas. La plupart « se débrouillent », sans doute, dans le silence et la discrétion, mais il en est quelques uns qui en meurent. Alors on se demande qui est coupable : celui qui a volé le pain ou celui qui a affamé le voleur ?
Ma mère disait « Celui qui tente partage le péché de celui qui succombe ». Je serais plus sévère à l’égard d’une institution qui ignore délibérément les besoins essentiels des prêtres à son service. Pleurnicher sur la chute d’un pécheur est une grave hypocrisie quand on l’a poussé à tomber.

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