Aimer l'Eglise

Le pape François, rôle des laïcs, célibat des prêtres, divorcés-remariés, finances, vocations, questions de foi

Modérateur : Françoise T.

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Jean Gauci
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Aimer l'Eglise

Message par Jean Gauci » mar. mars 12, 2019 11:28 am

Aimez vous l'Eglise ?

La question peut faire débat. Qu'est-que qu'aimer l'Eglise ? mais de quelle Eglise parle-t-on ?
Je gage que cette question posée dans un grand public apporterait des réponses contrastées, pour le moins... Si aimer c'est "éprouver une attirance pour", ceux qui affirmeraient l'amour de l'Eglise, même pour des catholiques, ne seraient pas majoritaires. Peut-on aimer une institution dont les représentants les plus officiels se couvrent d'ignominie ou, qui sans être coupables, ont menti par omission en couvrant des actes criminels ? On dit que Jean Paul II savait tout... Sous cet angle, l'Eglise susciterait plus le dégoût que l'amour...
Mais l'Eglise n'est-elle que ça ?
L'Eglise est aussi une institution avec ses règles, son organisation, ses rites, ses fonctionnaires, son clergé et... ses fidèles. L'analyse, même bienveillante et objective de cette église là, montre toutes ses inadaptations, ses lourdeurs, son cléricalisme, ses fantasmes, sa peur des femmes, ses contradictions... Cette Eglise peut-elle être aimée ? Pour quelques fidèles sans doute, parce qu'ils retrouvent l'église de leur enfance, avec ses rites, son décor, ses chants en grégorien...Pour d'autres, c'est une pierre d'achoppement, une souffrance parfois une difficulté de voir le visage du Christ en transparence et les exigences de l'Evangile malmenées ou caricaturées par l'autoritarisme, le passéisme, le pharisianisme, la misogynie... Ceux là diront qu'il aiment l'Eglise mais pas celle là.
Alors quelle Eglise peut-elle être aimée, est digne d'être aimée.
Il est une Eglise vivante, peu voyante, une église du silence; les fidèles qui souffrent, qui sont désorientés, scandalisés mais qui ne changent rien à leur foi.
il est une église qui réagit , une église de militantes et militants qui refusent les caricatures et les injustices, une église marginalisée qui demande à être reconnue et à pouvoir répondre au service, là où doivent les placer leur compétence et leur dignité.
Il est une église du silence , de prêtres et de religieuses, trop habitués à se soumettre pour exprimer leurs refus et leurs souhait, une église des monastères, des couvents, dont la prière s'élève en permanence...

Toutes ces églises , dispersées, aux modes d'expressions si différents et si contrastés ne font finalement qu'une seule église par un attachement et une fidélité au seul Dieu de Jésus Christ. Le corps mystique du Christ est là et nulle part ailleurs.

Comment alors nier cette Eglise moins visible mais tellement plus pure, plus vivante, plus fidèle, plus aimante ?

Oui, il faut réfléchir et choisir. Mais se sentir membre du peuple de ces innombrables fidèles , c'est sans doute aimer l'Eglise.

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