Partage d'évangile du 3 février 2019

Commentaires des textes du dimanche, oecuménisme, usage du latin, rôle des laïcs...

Modérateur : Françoise T.

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Flor
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Re: Partage d'évangile du 3 février 2019

Message par Flor » jeu. janv. 31, 2019 11:11 am

JEREMIE

Jérémie, prophète choisi par Dieu dès sa naissance.... séparé , "consacré" pour une mission difficile : porter la parole "aux nations " !!
Dur ! dur ! le rôle de Prophète ! Un destin semé d'embûches.....
Mais le seigneur ne l'abandonne pas .... Jérémie deviendra "un rempart de bronze" face à ses ennemis !!

Mais pourquoi ce texte , ici ?

Veut-il annoncer le Prophète de Nazareth dans l'Evangile , " les prophéties dépassées" de Paul , pour dire enfin , que , SEUL .... l'Amour demeure.....??

Mais restent les questions sur le mot : AMOUR .. ??... Ses chemins sont tellement variés ...et difficiles !

Jean Gauci
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Re: Partage d'évangile du 3 février 2019

Message par Jean Gauci » jeu. janv. 31, 2019 11:12 am

Chère Flor,
Vous écrivez:
"quel est le champion qui peut se vanter de réaliser tous ces exploits :
....les langues ...la prophétie....les mystères....la Foi...la générosité....le bûcher .....?
C'est un peu excessif .... non? "


Sûrement quand on se place au plan de la raison et du raisonnable. J'écrivais plus haut que "l'acceptation d'une vérité qui peut être violente si elle est sincère, car elle est confrontée aux exigences de l'Evangile.[/b- ce qui peut apparaitre choquant ! Eh bien oui quand on lit l'Evangile on a parfois envie de le refermer. Observez " la meule autour du cou pour ceux qui scandalisent les petits", "Le chameau qui doit passer dans le trou d'un aiguille, pour le salut des riches". J'ai personnellement regretté qu'on change les paroles du Notre Père : " Ne nous induisez pas en tentation" disions nous... mais c'est tous les jours que Dieu nous induit en tentation par ses exigences évangéliques comme il a induit en tentation Abraham en lui demandant de sacrifier son fils. L'Evangile lu avec honnêteté est plus qu'inconfortable... autant qu'il peut être exaltant quand il nous parle d'amour et d'espérance.

Cher Jean H,
Oui vous avez raison, l'amour voulu par Christ est universel et pas particulier, non que l'amour particulier comme celui de nos enfants ne soit pas chrétien mais parce que l'amour est universel jusqu'à aimer ses ennemis... et ça, il faut le faire ( j'allais écrire il faut le fer tant cet impératif me parait dur).

Habituellement, St Paul ne m'est pas sympathique à cause de sa misogynie déclarée. Mais cet texte est lumineux.
Comme vous dites, " Il nous ramène à l'essentiel".

Jésus nous dit d'aimer nos ennemis mais aussi ... nos amis, c'est pourquoi je vous redis à tous deux toute mon amitié.

hélios
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Re: Partage d'évangile du 3 février 2019

Message par hélios » jeu. janv. 31, 2019 12:53 pm

Bonjour Flor et très bien votre question sur le texte de Jérémie.

Qu'est-ce qu'il fait là ?

Je me suis posé la même question. Donc je suis rassuré.


Il n'y a pas toujours de cohérence entre le premier texte et les deux autres. Voilà un premier élément de réponse.

Le style du premier texte est très souvent totalement différent de celui des deux autres.

Dans ce texte, Jérémie finalement met au premier plan deux "vertus" dont parle Saint Paul dans l'épître aux Corinthiens: la foi et l'espérance.


Il faut situer le texte de Jérémie dans son contexte: Israël disparaît de la carte du Moyen-Orient et avec cette catastrophe politique, la religion juive perd son temple... Jérémie dans ce cataclysme fait entendre une voix de foi en Dieu et d'espérance et il le fait à sa manière dans un style solaire qui met aussi en valeur les deux autres textes, celui de Saint Paul et celui de Saint Luc.

Voilà, Flor une réponse.

Hélios

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Re: Partage d'évangile du 3 février 2019

Message par hélios » dim. févr. 03, 2019 6:01 pm

Bonjour,

Ce matin, dimanche 3 février, j'écoute l'homélie dans la messe télévisée. Cette homélie m'a paru très intéressante. Le prêtre qui l'a dite est, je crois, dominicain. Jeune prêtre ( 30-35 ans) qui a mis beaucoup de conviction dans cette homélie. Tout le texte est entre guillemets évidemment. Je pense que Françoise permettra cette reproduction.

CFRT Productions > Le Jour du Seigneur > Homélies

Homélie de la messe du 3 février 2019 à Thy-le-Château (Blegique)

Frères et sœurs,

“Nul n’est prophète en son pays”. Voilà une vérité qui ne doit pas décourager les plus casaniers d’entre nous ! Derrière celle-ci, se cache en réalité cette conviction qu’on ne s’atteste jamais par soi-même. Pour grandir, il faut de la distance, de l’écart, même par rapport à sa propre famille, son milieu… Sans recul, sans accompagnement extérieur, nous avons d’ailleurs une grande facilité à mentir à nous-mêmes, à ne pas accueillir notre propre vérité. En effet, dans la vie, c’est bien souvent l’autre —l’être aimé, l’ami, le conjoint, l’étranger— qui vient faire naître en nous la vérité. Dès lors, pour qu’une parole prophétique résonne aujourd’hui dans le terrain de notre cœur, prenons un peu de recul.
Ne soyons pas comme les habitants de Nazareth, qui croient savoir. Mais, au contraire, sachons croire ! Et pour cela, redécouvrons une réalité aussi simple que difficile à mettre en pratique : il s’agit de notre capacité à nous étonner.

L’étonnement est cette sagesse de l’émerveillement et du questionnement en toute circonstance. En effet, il nous arrive si souvent d’enfermer les gens qui nous entourent dans des cases, dans ce qu’ils ont un jour maladroitement dit, écrit ou fait. C’est comme si nous les empêchions d’être encore des prophètes ! Durant l’enfance de Jésus, rien ne laissait présager quelque chose d’exceptionnel dans la vie de ce banal fils du charpentier ! Et à la synagogue de Nazareth, il n’a eu devant lui que des compatriotes qui pensaient probablement tout savoir de lui. Voilà pourquoi, avec les personnes que l’on connaît —ou croit connaître— seul l’étonnement leur offre toujours un passage, une ouverture. Seule notre curiosité leur propose toujours un chemin. Un tel étonnement délie les autres de leurs étiquettes, des identités dans lesquelles nous les rangeons. C’est cela qui leur permet de passer leur chemin, d’être libres et eux-mêmes ! Seule la surprise permet de toujours voir les autres qui nous entourent avec une part de mystère, d’inconnu. Cet étonnement est donc au commencement, à la racine de toute relation, de toute sagesse, de tout acte d’amour. “Etre amoureux” écrivait d’ailleurs le poète, “c’est toujours rester étonné”. Amour et étonnement permettent donc de questionner nos évidences, de ne pas prendre tout au sérieux, de mettre de l’humour dans notre quotidien. D’ailleurs, quand on perd cette capacité à s’étonner, les autres deviennent prévisibles. Et lorsqu’ils sont pré-visibles, ils deviennent tôt ou tard in-visibles à notre cœur.



“Aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays”. Pour le dire autrement, il n’y a pas d’amour possible lorsque l’autre est un terrain connu, conquis. Notre connaissance et notre foi sont toujours partielles. Nous voyons toujours dans un miroir, de manière imparfaite. Parfois, avec le temps, certaines réputations nous précèdent. Nous pouvons aussi perdre notre capacité à aimer, et à nous laisser étonner. Le temps est parfois destructeur à l’égard de l’amour passion. Il est par contre chance de construction à l’égard de l’amour vrai, celui dont parle Saint Paul : cet amour qui considère que rien n’est jamais acquis, qu’il y a toujours quelque chose de neuf à construire, que l’amour est toujours imparfait, et donc à parfaire. L’amour vrai se nourrit ainsi de patience. Il met de la permanence dans l’impermanence de nos désirs. Il ose faire du temps un allié, capable d’accueillir le présent pour ce qu’il est : une chance de construction, un chemin que prends l’éternité de Dieu pour nous visiter. L’amour n’est jamais dans la rentabilité, la certitude. Il tient précisément sa beauté de son imperfection. Dans la foi comme en amour, il ne faut donc jamais se croire chez soi, en pays conquis, mais toujours face à des terres à découvrir, à des horizons jamais atteints. L’amour et la foi ne seront jamais des certitudes. Ainsi, seul celui qui sait toujours voir dans le visage de l’autre quelque chose de potentiellement indicible —et donc à contempler et découvrir— restera sur ce chemin de la surprise et de l’étonnement, malgré les exigences et les soucis de la vie.

Alors, la question que nous avons à nous poser est bien la suivante. Autorisons-nous vraiment les autres à prendre leur propre chemin? Délions-nous ceux qui nous entourent des étiquettes que nous leurs donnons ? Permettons-nous à l’Esprit de Dieu de souffler où il veut, en dehors de nos églises, en dehors de nos religions ? Chez celui qui n’a pas notre foi, qui ne pense pas comme nous ? Chez la veuve de Sarepta ? Chez Naaman le Syrien ? Permettons-nous vraiment à l’évangile de faire son chemin en nous et chez les autres ?

Si à cause des aléas de la vie, de nos souffrances ou de nos peurs, nous perdons parfois notre capacité à nous étonner, nous pouvons aussi garder vive cette confiance que Dieu s’étonnera toujours de ce que nous sommes. Pour celui qui se risque à croire en ce Dieu qui s’émerveille, il y aura toujours cette voix divine pour nous dire tendrement: au milieu des peurs et des préjugés: passe, avance sur ton chemin, cherche les dons les plus grands. Donne-moi de m’étonner de toi.

Amen.
Texte de l'Homélie

Prédicateur : Fr. Didier Croonenberghs

Paroisse : Église Saint-Pierre et Saint-Paul

Ville : Thy-le-Château

Temps : Temps Ordinaire

Jour : 4ème dimanche

Année : C

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