Partage d'évangile dimanche 30 septembre

Commentaires des textes du dimanche, oecuménisme, usage du latin, rôle des laïcs...

Modérateur : Françoise T.

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hélios
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Re: Partage d'évangile dimanche 30 septembre

Message par hélios » ven. sept. 28, 2018 3:25 pm

Je reviens sur vos remarques Jean Gauci.

Comment faut-il comprendre la position radicale, extrémiste, de Jésus ( injonction de se mutiler un membre s'il est une occasion de chute ) alors qu'on peut se relever d'une chute. Que faire alors de la miséricorde, de l'Amour de Dieu ?

Oui, prendre cet évangile au pied de la lettre serait une folie.

Comment interpréter ces paroles ?

Hélios

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Re: Partage d'évangile dimanche 30 septembre

Message par hélios » sam. sept. 29, 2018 9:55 pm

Samedi soir 21h30


L'évangile de Marc qui sera lu demain est très difficile. L'homélie, la prédication , le sermon sont donc essentiels pour les fidèles. L'intérêt de ce forum est de présenter une réflexion pas à pas dans le courant de la semaine et s'il y avait plus de participants ce serait parfait.


Jésus serait-il adepte des "petites phrases "?

J'aurais tendance à répondre oui : " Si ton oeil, si ta main, si ton pied..."

Mais, " une petite phrase " ne doit jamais êtres prise au pied de la lettre. Une petite phrase est toujours dite aujourd'hui comme hier pour " bousculer", susciter le dialogue, même si, quand on l'entend, il y a questions, réactions oppositions, bref du "buzz" etc.

Il est évident donc que quand Jésus dit " si ton oeil est occasion de chute, arrache-le..." Il ne conseille pas la mutilation d'autant que dans l'évangile et les épîtres de l'apôtre Paul, il est dit que le corps est "sacré".

Jésus, dit une "petite phrase" pour nous bousculer, nous faire réagir. Donc celui qui irait chercher une scie circulaire pour se couper le bras serait à côté du sujet.

Jésus veut mettre en évidence l'importance des " occasions de chute ". Mais comme l'a fait remarquer Jean Gauci en quoi la main, le pied ou l'oeil sont-ils responsables de nos occasions de chute ? Le mal est en nous. Jésus "chasse les démons" qui sont en nous et donc il nous aide à nous "relever", c'est cela aussi la "résurrection".

Donc, amis du Pèlerin, au lieu de faire des rapprochements avec les mutilations qui ont eu lieu ou ont toujours lieu dans certaines religions, insistons plutôt sur nos efforts pour que nous même nos "chassions nos démons". Puisse notre assemblée de lecteurs ( plus de 150 qui ont lu ce fil) se saisir du message d'Amour qui est constant dans cet évangile de Marc.

Jean-Hélios

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Re: Partage d'évangile dimanche 30 septembre

Message par hélios » dim. sept. 30, 2018 5:50 pm

Dans l'émission sur la 2 " Le Jour du Seigneur ". J'aimerais avoir la réaction des lecteurs du forum sur cette homélie. Merci. Hélios

Homélie de la messe du 30 septembre en direct de l’église Sainte-Elisabeth-De-Hongrie à Paris

Vers l’an de grâce 1260, alors que l’église où nous sommes n’existait pas encore mais que tout près d’ici, là où est la place de la République, se dressait le donjon du Temple de Paris et son église Sainte-Marie-du-Temple qui justifie la présence parmi nous de l’ordre de Malte — vers l’an 1260, donc, Jean de Joinville, sénéchal de Champagne, se vit demander par le roi saint Louis s’il préférait la lèpre ou le péché mortel. Le bon Joinville répondit qu’il n’y avait rien de pire que la lèpre. Le roi répliqua qu’il craignait plus encore le péché.

Longtemps j’ai pensé, comme Joinville sans doute, que saint Louis exagérait. La lèpre !

Et j’avais le même sentiment quant à l’Évangile que nous venons d’entendre. Persuadé, comme nous tous, je crois, de la miséricorde de Dieu, je ne comprenais pas ces malédictions de Jésus. Je n’étais pas loin de penser que Jésus exagère, lui aussi…

Je crois qu’il faut être un peu adulte pour comprendre. Et par « adulte » je n’entends pas avoir platement dépassé l’âge de quarante ans, comme c’est mon cas, mais avoir la responsabilité d’autrui.

Être père ou mère, être éducateur, éducatrice, hospitalier, hospitalière, aumônier, pasteur — avoir la charge d’une ou plusieurs personnes que l’on aime. Et connaître alors cette crainte constante de mal faire, pire, de faire mal.

Si Jésus, et saint Louis à sa suite, éprouvent une telle horreur du mal, c’est qu’ils aiment ces « petits » que le père leur a donnés. Et que ces « petits » passent avant tout, avant notre égoïsme, avant nos désirs, avant notre vie même.

C’est là le seul fondement de la morale chrétienne. Le reste, ce sont des raisonnements et des cas particuliers. Mais le seul fondement, c’est : ne fais de mal à personne. Fais du bien.

Ne fais du mal à personne parce que si tu aimes, tu ne peux pas faire du mal. Fais du bien parce que si tu aimes, tu ne peux que vouloir faire du bien.

De sorte que la morale chrétienne n’est pas un code, une construction légale, un édifice de contraintes ; c’est la simple conséquence, immédiate, naturelle, de l’amour. Comme le résume radicalement saint Augustin, « Aime et fais ce que tu veux. » Si tu aimes, la seule idée de faire du mal t’effraie ; tandis que l’idée de faire du bien, de servir, d’aider, soigner, enseigner, offrir, consoler — l’idée de faire du bien te remplit de joie et même d’impatience.

Parler de morale sans la fonder sur l’amour n’a pas beaucoup de sens. Mais la fonder sur l’amour rend la morale passionnée. Le cri de Jésus, et le cri de Saint Louis, sont des cris du cœur, non pas un propos distancié et théorique. Des cris du cœur qui craint de blesser ceux qu’il aime, qui se réjouit de servir et soigner ceux qu’il aime.

Oui, pour comprendre cet Évangile, il faut avoir du cœur. Et demander du cœur à Jésus, source de tout amour. Jusqu’à ce que notre mal nous effraie, jusqu’à ce que notre charité nous comble de joie.
Texte de l'Homélie

Prédicateur : Yves Combeau

Paroisse : Église Sainte-Elisabeth-De-Hongrie, église conventuelle de l'Ordre de Malte

Ville : Paris

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