Dimanche 16 septembre 2018

Commentaires des textes du dimanche, oecuménisme, usage du latin, rôle des laïcs...

Modérateur : Françoise T.

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hélios
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Re: Dimanche 16 septembre 2018

Message par hélios » sam. sept. 15, 2018 9:14 am

Chers amis,
Après avoir écrit à Réforme pour exprimer mon incompréhension devant la pauvreté du commentaire de l'Evangile de Marc, je me suis mis en question: et toi qui critique, qu'écrirais-tu ou que dirais-tu ? Voici donc mon épreuve que j'ai écrite en me fixant une durée, une heure mais après toute la réflexion de la semaine de lundi dernier à hier. Il y a un peu plus de 2500 caractères.

Dimanche 15 septembre 2018

Quand Jésus arrive à Césarée de Philippe avec ses disciples il ressent le besoin de faire une " pause après les " signes " qu'il a montrés: la guérison d'un sourd-muet, la multiplication des pains....

Césarée de Philippe est une ville syrienne. A l'époque de Jésus, c'était une ville gréco-romaine dans un milieu non-marqué par le Judaïsme. Jésus n'est pas suivi par les "officiels" du Judaïsme, scribes, pharisiens...

Une pause, nous éprouvons toujours le besoin d'en faire une comme pour mieux redéfinir le cap que nous nous proposons d'atteindre. La question de notre identité surgit le plus souvent. Au fond, qui suis-je ? C'est une question que chacune, chacun s'est posé une ou plusieurs fois. " Qui suis-je ?" demande Jésus à ses disciples " pour les gens ". Les réponses sont diverses et chacune se justifie en fonction des apparences: Jean-Baptiste, Elie, un prophète....mais personne n'a encore compris qui est Jésus, quelle est sa nature. Pierre répond "Tu es le Christ " et il provoque une terrible colère de Jésus.

Christos, Christ, en Grec traduit le titre hébreu " Messie". Sans faire une étude de l'évolution du mot, Messie avait fini par signifier " roi sauveur" dont Isaïe et d'autres prophètes annonçaient la venue. Mais c'est une fonction "terrestre " si j'ose dire. En le définissant comme le Messie, forcément la foule qui est là présente risque d'entretenir des attentes auxquelles Jésus ne peut répondre. Un roi qui multiplie la nourriture, qui fait marcher les boiteux, redonne la vue à des aveugles, c'est quelque chose de merveilleux.

Dans cet Evangile de Marc, Jésus prédit donc la suite de son histoire : il va souffrir, il mourra et il ressuscitera............L'hypothétique résurrection doit donc passer, dans l'immédiat, par la souffrance, l'incompréhension, la mort. Cette perspective n'est évidemment pas réjouissante pour Pierre qui prend Jésus à part pour le rabrouer et on pourrait imaginer évidemment le dialogue entre Pierre et Jésus. Nouvelle colère de Jésus et nouvelle mise au point qui s'adresse aussi à nous comme par ricochet.

Finalement, le chemin que prédit le Christ ne convient à personne: personne ne recherche la souffrance, l'incompréhension, bref personne ne recherche " la Passion ". Pourtant c'est la voie que Jésus dessine car son message ne va pas toujours dans le sens que nous souhaiterions. L'Amour est le chemin le plus difficile et pourtant c'est le seul vers la Résurrection et vers une nouvelle définition de l'Homme.

Choisis la vie. C'est le chemin le plus difficile que nous ne pouvons pas suivre seul mais avec les autres, avec l'Eglise, l'assemblée des fidèles que nous formons aujourd'hui.

" Formule " d'exhortation..... dans le fil du texte précédent............

Hélios

Jean Gauci
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Re: Dimanche 16 septembre 2018

Message par Jean Gauci » mar. sept. 18, 2018 11:08 am

hélios a écrit :
sam. sept. 15, 2018 9:14 am
Une pause, nous éprouvons toujours le besoin d'en faire une comme pour mieux redéfinir le cap que nous nous proposons d'atteindre. La question de notre identité surgit le plus souvent. Au fond, qui suis-je ? C'est une question que chacune, chacun s'est posé une ou plusieurs fois. " Qui suis-je ?" demande Jésus à ses disciples " pour les gens ". Les réponses sont diverses et chacune se justifie en fonction des apparences: Jean-Baptiste, Elie, un prophète....mais personne n'a encore compris qui est Jésus, quelle est sa nature. Pierre répond "Tu es le Christ " et il provoque une terrible colère de Jésus.

Hélios

Cher Jean,

J'aime bien la réflexion qui précède....C'est sans doute le rapprochement du "Que dit-on que je suis ?" de Jésus au " Qui suis-je" de chacun qui nous permet de nous inciter à découvrir Jésus au travers d'une introspection de ce que nous sommes...
Le Christ est un mais chacun le perçoit de façon personnelle et intime. C'est dire que ce qui est formel au travers d'un credo commun est aussi personnel et singulier dans le rapport de chacun au Christ.

Cordialement

toto le hirsute
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Re: Dimanche 16 septembre 2018

Message par toto le hirsute » mer. sept. 19, 2018 6:14 pm

Jean Gauci a écrit :
ven. sept. 14, 2018 9:19 am
Pour vous qui suis-je ?

Une question me vient à l'esprit ? Sommes nous libres de l'image que nous nous faisons de Jésus ? Sommes nous libres de travestir ( volontairement ou non ) le sens que nous devons donner à ce que le Christ représente pour nous ? Mais, et surtout, sommes nous libres de concevoir un Jésus de Nazareth fait à notre image et ressemblance ?
Dans les débats récurrents qui nous rassemblent ou nous opposent, nous affichons des conceptions différentes, parfois contraires et opposées de l'idée que nous nous faisons du message du Christ et donc de ce qu'il EST.
Nous choisissons sélectivement les passages des textes évangéliques ou des auteurs faisant autorité pour affermir une image fantasmatique du Christ qui nous colle au coeur.
Qui es-tu Seigneur ?
Sans doute pas celui que je désirerais que tu sois...
Coller au plus près de la vérité pour traduire... sans trahir.
En fait nous n'avons aucune liberté sur ce sujet puisque Jésus n'est pas une idée, mais quelqu'un. Nous ne pouvons donc pas nous en faire une idée "imaginée", faite à notre ressemblance ou pour nous autoriser nos péchés préférés ("il est si bon, il me pardonnera..."). Nous devons nous en tenir aux témoignage de ses "témoins", qui l'ont vu, vécu avec Lui, partagé leur vie etc... c'est-à-dire les Apôtres, les Saints, les bienheureux, donc l'ensemble des hommes et des femmes frappés du sceau de la reconnaissance de l'Esprit-Saint et qui ont témoigné par la Tradition apostolique et sacerdotale, dans les balises exactes que permet la Vérité, sans y trouver la moindre contradiction, puisque Jésus étant Dieu, il ne change pas.

Toute interprétation "nouvelle" ou qui contredit un seul point de la tradition est dite "hérétique" par la Sainte Eglise. Les seules marges de manoeuvres que possède la recherche théologique sur l'identité de Jésus est l'approfondissement des mystères ou des dogmes encore incomplètement éclairés.

La méthode infaillible pour connaître le VRAI Jésus consiste donc à rester dans la Tradition de l'Eglise et à aller se planter devant le Saint Sacrement (après une bonne confession pour avoir l'âme dégagée de possibles voiles ou errements) des heures durant, tout en passant en revue les "mystères" de sa Vie en récitant le rosaire par exemple ou en lisant un livre de théologie ayant reçu Imprimatur, ou lire et relire les évangiles, ou les textes doctrinaux ou le catéchisme, etc...

Si l'on veut néanmoins se fabriquer un Jésus personnel (que l'on appelle généralement "idole") à la mesure de notre temps ou de nos idéologies du moment, il est possible alors d'estimer que l'Eglise s'est trompée à un moment donné et que, soit notre version personnelle, soit celle que le monde imagine, soit celle du plus grand nombre, prévaut définitivement sur celle que propose l'Eglise catholique etc... Il faut cependant savoir qu'alors on quitte la Vérité révélée pour s'enfoncer dans les doux rêves... Car seule l'Eglise catholique révèle la Vérité sur Dieu ! :)

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