Partage d'Evangile dimanche 10 juin

Commentaires des textes du dimanche, oecuménisme, usage du latin, rôle des laïcs...

Modérateur : Françoise T.

Répondre
Françoise T.
Messages : 416
Inscription : mar. mars 16, 2010 12:59 pm

Partage d'Evangile dimanche 10 juin

Message par Françoise T. » lun. juin 04, 2018 2:10 pm

Première lecture
« Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance » (Gn 3, 9-15)

Lecture du livre de la Genèse

Lorsqu’Adam eut mangé du fruit de l’arbre,
le Seigneur Dieu l’appela et lui dit :
« Où es-tu donc ? »
Il répondit :
« J’ai entendu ta voix dans le jardin,
j’ai pris peur parce que je suis nu,
et je me suis caché. »
Le Seigneur reprit :
« Qui donc t’a dit que tu étais nu ?
Aurais-tu mangé de l’arbre
dont je t’avais interdit de manger ? »
L’homme répondit :
« La femme que tu m’as donnée,
c’est elle qui m’a donné du fruit de l’arbre,
et j’en ai mangé. »
Le Seigneur Dieu dit à la femme :
« Qu’as-tu fait là ? »
La femme répondit :
« Le serpent m’a trompée,
et j’ai mangé. »
Alors le Seigneur Dieu dit au serpent :
« Parce que tu as fait cela,
tu seras maudit parmi tous les animaux
et toutes les bêtes des champs.
Tu ramperas sur le ventre et tu mangeras de la poussière
tous les jours de ta vie.
Je mettrai une hostilité entre toi et la femme,
entre ta descendance et sa descendance :
celle-ci te meurtrira la tête,
et toi, tu lui meurtriras le talon. »


Psaume (129 (130), 1-2, 3-4, 5-6ab, 7bc-8)


Deuxième lecture
« Nous croyons, et c’est pourquoi nous parlons » (2 Co 4, 13 – 5, 1)

Lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens

Frères,
l’Écriture dit :
J’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé.
Et nous aussi, qui avons le même esprit de foi,
nous croyons,
et c’est pourquoi nous parlons.
Car, nous le savons, celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus
nous ressuscitera, nous aussi, avec Jésus,
et il nous placera près de lui avec vous.
Et tout cela, c’est pour vous,
afin que la grâce, plus largement répandue
dans un plus grand nombre,
fasse abonder l’action de grâce
pour la gloire de Dieu.
C’est pourquoi nous ne perdons pas courage,
et même si en nous l’homme extérieur va vers sa ruine,
l’homme intérieur se renouvelle de jour en jour.
Car notre détresse du moment présent est légère
par rapport au poids vraiment incomparable de gloire éternelle
qu’elle produit pour nous.
Et notre regard ne s’attache pas à ce qui se voit,
mais à ce qui ne se voit pas ;
ce qui se voit est provisoire,
mais ce qui ne se voit pas est éternel.
Nous le savons, en effet,
même si notre corps, cette tente qui est notre demeure sur la terre,
est détruit,
nous avons un édifice construit par Dieu,
une demeure éternelle dans les cieux
qui n’est pas l’œuvre des hommes.


Évangile
« C’en est fini de Satan » (Mc 3, 20-35)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
Jésus revint à la maison,
où de nouveau la foule se rassembla,
si bien qu’il n’était même pas possible de manger.
Les gens de chez lui, l’apprenant,
vinrent pour se saisir de lui,
car ils affirmaient :
« Il a perdu la tête. »

Les scribes, qui étaient descendus de Jérusalem, disaient :
« Il est possédé par Béelzéboul ;
c’est par le chef des démons
qu’il expulse les démons. »
Les appelant près de lui,
Jésus leur dit en parabole :
« Comment Satan peut-il expulser Satan ?
Si un royaume est divisé contre lui-même,
ce royaume ne peut pas tenir.
Si les gens d’une même maison se divisent entre eux,
ces gens ne pourront pas tenir.
Si Satan s’est dressé contre lui-même, s’il est divisé,
il ne peut pas tenir ; c’en est fini de lui.
Mais personne ne peut entrer dans la maison d’un homme fort
et piller ses biens,
s’il ne l’a d’abord ligoté.
Alors seulement il pillera sa maison.
Amen, je vous le dis :
Tout sera pardonné aux enfants des hommes :
leurs péchés et les blasphèmes qu’ils auront proférés.
Mais si quelqu’un blasphème contre l’Esprit Saint,
il n’aura jamais de pardon.
Il est coupable d’un péché pour toujours. »
Jésus parla ainsi parce qu’ils avaient dit :
« Il est possédé par un esprit impur. »

Alors arrivent sa mère et ses frères.
Restant au-dehors, ils le font appeler.
Une foule était assise autour de lui ;
et on lui dit :
« Voici que ta mère et tes frères sont là dehors :
ils te cherchent. »
Mais il leur répond :
« Qui est ma mère ? qui sont mes frères ? »
Et parcourant du regard
ceux qui étaient assis en cercle autour de lui,
il dit :
« Voici ma mère et mes frères.
Celui qui fait la volonté de Dieu,
celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère. »

©AELF
Modératrice des forums pelerin.info et responsable des relations lecteurs de Pèlerin.

hélios
Messages : 2945
Inscription : lun. janv. 17, 2011 10:57 pm

Re: Partage d'Evangile dimanche 10 juin

Message par hélios » mar. juin 05, 2018 9:48 pm

Bonjour à tous,


Au sujet du premier texte. Genèse 3, 9-15

Adam
Eve

"n'assument" pas leur responsabilité. " Ce n'est pas moi, c'est l'autre." Adam sur Eve, Eve sur le serpent.
Adam et Eve avaient le choix. Ils ont choisi.

Le texte choisi s'arrête avec la punition du serpent. Il est donc souhaitable de lire la suite du texte dans la Genèse.
En ce qui nous concerne, nous avons, généralement, l'attitude d'Adam . En fait, nous sommes appelés à tous moments à faire des choix. Comment les faisons-nous ?

Que se serait-il passé si Adam avait dit : " Je suis responsable " "c'est ma faute" ?

Jean-Hélios

Jean Gauci
Messages : 456
Inscription : dim. sept. 22, 2013 9:55 am

Re: Partage d'Evangile dimanche 10 juin

Message par Jean Gauci » mer. juin 06, 2018 1:58 pm

La question que vous soulevez, cher Jean Hélios me fait sourire...mais me donne à penser que depuis les premières pages de la Bible, les femmes ont toujours eu le mauvais rôle.

Que se serait-il passé si Adam avait dit : " Je suis responsable " "c'est ma faute" ?

Mais votre question est naïve...Quand on a sous la main, un coupable tout désigné, pourquoi faudrait-il s'accuser ?
La Bible fourmille de ces exemples de femmes qui sont venues à point pour exonérer les hommes de leurs turpitudes.
Or il se trouve que, dans le Nouveau Testament, Jésus a remis les choses à leur place et réhabilité les femmes dans leur dignité et dénoncé les hommes pour leur fourberie et leur lâcheté( cf la femme adultère, la pauvre veuve, la femme qui cherchait à toucher le manteau pour être guérie, Marie Madeleine, et j'en oublie)

Jean Gauci
Messages : 456
Inscription : dim. sept. 22, 2013 9:55 am

Re: Partage d'Evangile dimanche 10 juin

Message par Jean Gauci » jeu. juin 07, 2018 8:16 am

Françoise T. a écrit :
lun. juin 04, 2018 2:10 pm
Car notre détresse du moment présent est légère
par rapport au poids vraiment incomparable de gloire éternelle
qu’elle produit pour nou
Petite interrogation dans ce texte qui mérite une large réflexion... On parle souvent de "gloire". La gloire , du moins celle que je vois autour de moi et dans le monde ne m'intéresse pas et je ne vois pas en quoi elle produirait quelque chose de bon ou d'agréable en moi. Donc la gloire telle qu'on peut le définir, ne peut pas être la gloire dont parle St Paul.
Si ce n'est pas ça, et même peut-être le contraire de la gloire du Petit Larousse alors qu'est-ce au juste et pourquoi ne la traduit-on pas par un autre mot.

Jean Gauci
Messages : 456
Inscription : dim. sept. 22, 2013 9:55 am

Re: Partage d'Evangile dimanche 10 juin

Message par Jean Gauci » sam. juin 09, 2018 8:33 am

Je découvre ce jour, samedi 9 juin, le commentaire de La Croix sur l'évangile de demain. Il est lumineux.

Vos parents ne sont pas vos parents

Voilà sans doute un des versets les plus surprenants de l’Évangile : « Les gens de chez lui vinrent pour se saisir de lui. » Qui sont ces gens « de chez lui » ? Certaines traductions parlent de « sa parenté » ou de « sa famille ». Beaucoup disent simplement : « les siens ». En tout cas, des tout proches. On apprend même, quelques versets plus loin, que « sa mère et ses frères » sont à sa recherche. Ils ont fait tout un chemin, de Nazareth à Capharnaüm, pour tenter de le ramener chez lui.

Mesure-t-on vraiment l’inouï de cette situation ? Car ça marche, pour Jésus, admirablement. Et la foule qui l’entoure est si dense et si enthousiaste qu’il n’arrive même plus à avaler une bouchée. Comment les gens de chez lui ne seraient-ils pas fiers de l’enfant du pays ? Qu’a-t-on donc colporté à Nazareth pour que les siens s’inquiètent à ce point ? Les accusations des scribes le disant « possédé par Béelzéboul » ont-elles ébranlé sa parenté ? Car c’est bien cela la rumeur au village : « Il a perdu la tête. »

Inquiets et déstabilisés par les bruits qui courent, craignant peut-être que son succès n’énerve plus encore la religion officielle et ne leur attire des ennuis, les proches se précipitent à Capharnaüm avec l’espoir d’éteindre l’incendie. C’est assez terrible quand on y pense : parenté et autorités, même combat !

Il n’est pas très difficile de le repérer puisqu’une foule s’est assise autour de lui à l’intérieur de la maison de Simon, là où il revient régulièrement. Il est en train de leur parler en paraboles quand voilà qu’arrivent sa mère et ses frères. La parenté se resserre. Dès les premiers siècles de notre ère, trois interprétations circulent à propos des « frères et sœurs de Jésus ». Pour certains, Jésus était l’aîné d’une famille nombreuse ; pour d’autres, il avait des demi-frères et sœurs issus d’un premier mariage de Joseph ; pour d’autres encore, dont saint Jérôme, il faut entendre par « frères » ses cousins germains. Mais là n’est pas l’enjeu. Dans le moment qui nous retient ici, nous apprenons surtout que « restant au dehors, ils le font appeler » (Mc 3, 31). Est-ce que Marie est la première à s’inquiéter ? Le prend-elle aussi pour un exalté ? Pressent-elle déjà que cette histoire risque de mal tourner ? Est-ce pour éviter l’affrontement qu’elle vient en famille pour le rapatrier et le cacher à la maison ?

À vue humaine, la suite est insupportable. À ceux qui lui disent que sa mère est là, il sort une réplique qui la renie publiquement : « Qui est ma mère ? » On pense à l’épée dont lui parlait Syméon lors de la présentation de son fils au temple : « Toi, une épée te transpercera l’âme » (Lc 2, 35). La voilà renvoyée à sa place sans ménagement, comme à Cana : « Femme, ne te mêle pas » (Jean 2, 4). Mais là, elle gardait la main : « Quoi qu’il vous dise, faites-le » (Jn 2, 5). Ici, elle n’a plus rien à dire, pas même en coulisses. Plus grave encore, il ne la connaît plus : « Qui est ma mère ? »

Oui, je sais, l’Évangile invite à un au-delà du clan. Un au-delà du sang. Nos liens familiaux ne doivent pas nous détourner de nos liens fraternels. Vos parents ne sont pas vos parents ! Mais il m’arrive de m’inquiéter. Que de mouvements sectaires ont exigé cet arrachement pour mieux enfermer.

Qui est ma mère ? Qui est cette mère au-delà de la mère ? Cette mère plurielle ? Cette mère universelle ? Une mère-frère. Une mère-sœur. Une mère-mère. Peut-être qu’en l’écartant, Jésus la rapproche et qu’il veut la donner en exemple, car qui, plus que Marie, a fait « la volonté de Dieu » ?

Répondre