Dimanche 13 septembre 2020

Commentaires des textes du dimanche, oecuménisme, usage du latin, rôle des laïcs...

Modérateur : Françoise T.

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Jean Gauci
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Dimanche 13 septembre 2020

Message par Jean Gauci » mar. sept. 08, 2020 9:46 am

PREMIÈRE LECTURE
« Pardonne à ton prochain le tort qu’il t’a fait ; alors, à ta prière, tes péchés seront remis » (Si 27, 30 – 28, 7)

Lecture du livre de Ben Sira le Sage

Rancune et colère, voilà des choses abominables
où le pécheur est passé maître.
Celui qui se venge
éprouvera la vengeance du Seigneur ;
celui-ci tiendra un compte rigoureux de ses péchés.
Pardonne à ton prochain le tort qu’il t’a fait ;
alors, à ta prière, tes péchés seront remis.
Si un homme nourrit de la colère contre un autre homme,
comment peut-il demander à Dieu la guérison ?
S’il n’a pas de pitié pour un homme, son semblable,
comment peut-il supplier pour ses péchés à lui ?
Lui qui est un pauvre mortel, il garde rancune ;
qui donc lui pardonnera ses péchés ?
Pense à ton sort final et renonce à toute haine,
pense à ton déclin et à ta mort,
et demeure fidèle aux commandements.
Pense aux commandements
et ne garde pas de rancune envers le prochain,
pense à l’Alliance du Très-Haut
et sois indulgent pour qui ne sait pas.



PSAUME
(Ps 102 (103), 1-2, 3-4, 9-10, 11-12)

R/ Le Seigneur est tendresse et pitié,
lent à la colère et plein d’amour. (Ps 102, 8)

Bénis le Seigneur, ô mon âme,
bénis son nom très saint, tout mon être !
Bénis le Seigneur, ô mon âme,
n’oublie aucun de ses bienfaits !

Car il pardonne toutes tes offenses
et te guérit de toute maladie ;
il réclame ta vie à la tombe
et te couronne d’amour et de tendresse.

Il n’est pas pour toujours en procès,
ne maintient pas sans fin ses reproches ;
il n’agit pas envers nous selon nos fautes,
ne nous rend pas selon nos offenses.

Comme le ciel domine la terre,
fort est son amour pour qui le craint ;
aussi loin qu’est l’orient de l’occident,
il met loin de nous nos péchés.

DEUXIÈME LECTURE
« Si nous vivons, si nous mourons, c’est pour le Seigneur » (Rm 14, 7-9)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains

Frères,
aucun d’entre nous ne vit pour soi-même,
et aucun ne meurt pour soi-même :
si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur ;
si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur.
Ainsi, dans notre vie comme dans notre mort,
nous appartenons au Seigneur.
Car, si le Christ a connu la mort, puis la vie,
c’est pour devenir le Seigneur et des morts et des vivants.



ÉVANGILE
« Je ne te dis pas de pardonner jusqu’à sept fois, mais jusqu’à 70 fois sept fois » (Mt 18, 21-35)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander :
« Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi,
combien de fois dois-je lui pardonner ?
Jusqu’à sept fois ? »
Jésus lui répondit :
« Je ne te dis pas jusqu’à sept fois,
mais jusqu’à 70 fois sept fois.
Ainsi, le royaume des Cieux est comparable
à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs.
Il commençait,
quand on lui amena quelqu’un
qui lui devait dix mille talents
(c’est-à-dire soixante millions de pièces d’argent).
Comme cet homme n’avait pas de quoi rembourser,
le maître ordonna de le vendre,
avec sa femme, ses enfants et tous ses biens,
en remboursement de sa dette.
Alors, tombant à ses pieds,
le serviteur demeurait prosterné et disait :
‘Prends patience envers moi,
et je te rembourserai tout.’
Saisi de compassion, le maître de ce serviteur
le laissa partir et lui remit sa dette.

Mais, en sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnons
qui lui devait cent pièces d’argent.
Il se jeta sur lui pour l’étrangler, en disant :
‘Rembourse ta dette !’
Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait :
‘Prends patience envers moi,
et je te rembourserai.’
Mais l’autre refusa
et le fit jeter en prison jusqu’à ce qu’il ait remboursé ce qu’il devait.
Ses compagnons, voyant cela,
furent profondément attristés
et allèrent raconter à leur maître
tout ce qui s’était passé.
Alors celui-ci le fit appeler et lui dit :
‘Serviteur mauvais !
je t’avais remis toute cette dette
parce que tu m’avais supplié.
Ne devais-tu pas, à ton tour,
avoir pitié de ton compagnon,
comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?’
Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux
jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait.

C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera,
si chacun de vous ne pardonne pas à son frère
du fond du cœur. »
©AELF

Jean Gauci
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Re: Dimanche 13 septembre 2020

Message par Jean Gauci » mer. sept. 09, 2020 9:32 am

Après une longue vie, des haines inassouvies trainent souvent dans nos mémoires. Le souvenir d’épisodes malheureux, voire dramatiques, réveillent en nous un sentiment de peine mêlé des ressentiments tenaces.
On semble contaminé par un désir de vengeance qui s’est imposé à nous, contre nous et malgré nous.
La voie la plus habituelle, celle qu’on considère comme normale, voire légitime, est la permanence de cette haine qu’on croit indissociable avec le souvenir. « Remember » « Souviens-toi » est-il écrit sur le mur d’Oradour. Mais le souvenir ne guérit pas et n’est pas suffisant pour retrouver la paix.
La paix ne vient qu’avec le pardon. Le pardon n’est pas un présent fait à l’ennemi, encore moins une faiblesse. Il n’est pas une démarche vertueuse motivée par une foi religieuse ardente. Le pardon est d’abord une purification de soi-même des relents mortifères qui nous habitent quand la haine est permanente.
Il n’est pas nécessaire de trouver sympathiques, bons ou même fréquentables ceux à qui nous devons pardonner.
Pardonner, c’est se libérer de ce qui nous encombre et nous alourdit ; de ce qui nous interdit d’accéder à la paix et à la sérénité.
Ce que j’écris peut paraitre insupportable, révoltant peut-être, à ceux qui sont des victimes récentes d’agressions ou de crimes. Par avance, je leur demande de m’excuser mais je reste convaincu que le pardon reste la seule issue pour échapper à la spirale infernale qui nous entraine quand un malheur nous frappe.
Le pardon commence, non par l’oubli des offenses , mais par la purification du désir morbide de la vengeance.
Le Christ va plus loin et demande d’aimer ses ennemis. C’est sans doute la perfection de l’amour mais le bout d’un chemin long et difficile. Ce chemin commence par la neutralisation des sentiments parfois obsessionnels de la haine et de la détestation. C’est ce premier pas qui est le plus difficile.

Flor
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Re: Dimanche 13 septembre 2020

Message par Flor » mer. sept. 09, 2020 10:35 am

Jésus parle toujours dans la démesure.
Les deux paraboles sont invraisemblables....
D'un côté, une dette immense de soixante millions de pièces d'argent....!
De l'autre, une dette minime de cent pièces d'argent .
Différence incroyable !
Différence également dans l'attitude des personnages :
D'un côté, un Roi "saisi de compassion" remet la lourde dette de son serviteur.
De l'autre, le serviteur impitoyable envers son "compagnon" qui le supplie de remettre sa légère dette .

Apparemment, ce serviteur ne semble pas reconnaissant envers le Roi généreux ?
Rien n'a changé dans sa vie... Il ne se remet pas en question. Son coeur est resté de pierre, de glace !
Aucune relation possible. Il ne voit pas avec son coeur. Pas de miséricorde!

Matthieu , que veut-il nous dire ?
D'abord, l'immense confiance de Dieu qui nous confie un trésor considérable à gérer l'Humanité ...
Notre dette est immense et la miséricorde de Dieu est infinie...
En sommes-nous bouleversés ?

Pas facile de pardonner, parfois, dans des situations très dures.... L'Histoire nous le rappelle !
Pas facile de remettre "la dette" ! Et pourtant il faut garder un regard neuf, un coeur ouvert !
Je crois que c'est le travail de toute une vie !

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