L’EVANGILE DU MARCHEUR

St-Jacques de Compostelle, chemins de St-Michel, St-Martin, St-Gilles, Tro Breiz, Rome, Jérusalem… Quand et comment choisir son chemin, l'hébergement. Conseils pratiques, adresses utiles…

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Jean Gauci
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L’EVANGILE DU MARCHEUR

Message par Jean Gauci » sam. juin 23, 2018 10:28 pm

Le chemin monte, descend, s’éternise en route droite, s’enfonce dans des ravins creux, ressuscite au sommet d’un coteau et s’apaise vers le clocher, signe de la présence de Dieu.

Le temps n’est plus l’heure, mais le moment sans durée, sans avant ni après.
L’espace n’est plus le lieu mais le ciel sans limite et l’horizon recommencé.
La pensée n’est plus l’idée, mais la méditation continuée.
L’éternité s’est glissée dans une vie sans échéance, sans rythme, sans limites,
Sans autre rendez-vous que celui de soi-même à soi-même
Et de soi-même à la rencontre de Celui qui vient.

Les muscles s engourdissent dans le crissement des pas et la lumière torride.
L’étape de la nuit concède toute liberté aux nécessités du corps.
Les émotions s’improvisent au gré des itinéraires.
Seuls importent la satiété du bonheur d’admirer, les souvenirs qui remontent sans raison,
La prière sans mots ou le vide plénier de l’esprit libéré des étreintes accessoires.
Les rencontres se dépouillent des artifices et des préventions.
Quelque temps de partage avec un anonyme compagnon offre des confidences murmurées
Ou devinées qui s’en iront avec le voyageur au carrefour prochain.
Plus rien d’essentiel n’est essentiel
que l’essentielle raison de vivre, d’adorer, de prier et d’aimer.
Plus rien n’a de prix que le plaisir d’une eau fraîche, le repos sur un banc de pierre, la soupe de l’étape, l’émerveillement devant un ruisseau, la paix intérieure,
Surtout cette paix intérieure quand les armes des passions se sont tues.
Le chemin est le cloître sans fin d’un monastère de son choix : chartreuse des marches solitaires, abbaye des pèlerinages de groupes, ermitage des traversées de déserts....
Dieu se révèle à notre vide,
Dieu se dévoile à notre fragilité
Dieu vient enfin quand nous ne lui posons plus de question.
Dieu, au prix de nos allègements…
Dieu n’est pas au bout du chemin.
Dieu est le chemin.

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