COMPLOT CONTRE LE PAPE? Oui, sans doute! Et le Vatican lui-même y croit. Deux articles de Paolo Rodari. (4/2/2009) http://benoit-et-moi.fr/2008/...
Articles en italien sur le site de Paolo Rodari (dont on ne dira jamais assez à quel point il est fiable et bien informé). http://www.paolorodari.com/...il-dossier-segreto-...
On l'appelle le « dossier Richard Williamson » et il tourne depuis quelques jours dans les "sacri palazzi" du Vatican. Quelques pages fournies, qui veulent expliquer dans les moindres détails comment il a pu arriver que la nouvelle de la révocation de l'excommunication des quatre évêques lefebvristes signée par la Congrégation des évêques le 21 janvier dernier et rendue publique le 24, se soit transformée en un boomerang pour le Pape Benoît XVI à cause des déclarations négationnistes sur l'Holocauste prononcées par un des quatre prélats, précisément Williamson.
Le dossier, qui fait en ce moment le tour des hautes sphères de la curie romaine et que Il Riformista a réussi à se procurer, rapporte des dates et des faits et en arrive à supposer que, derrière le choix de la TV publique suédoise SVT de diffuser le 21 janvier une interview du prélat britannique qui a suscité tant de réactions négatives, il y avait une mise en scène occulte visant à discréditer Benoît XVI. Une mise en scène qui a oeuvré hors des murs du Vatican, grâce aussi à l'aide de quelques uns de l'intérieur, mécontents des ouvertures du Pontife vers les schismatiques traditionalistes.
En résumé, le dossier tente d'expliquer comment il a pu arriver qu'un acte de « paternelle miséricorde » - ainsi qu'une note de la Salle de presse du Vatican a présenté le 24 janvier le décret de révocation de l'excommunication voulu par Ratzinger et signé par le cardinal Giovanni Battista Re - et qui ne signifie absolument pas la réintégration des lefebvristes à la pleine communion avec Rome, mais plutôt un incipit pour d'éventuels progrès dans ce domaine - ait pu être interprété de toutes parts comme une décision par laquelle le Pape réadmettait dans l'Église catholique un groupe de fidèles antisémites et de négationnistes de la Shoah.
Le dossier parle de dates. Avant tout celle du 1er novembre. Ce jour-là, en effet, le journaliste Ali Fegan de la télévision suédoise, interviewa Williamson. Il lui demanda des éclaircissements concernant plusieurs déclarations négationnistes sur la Shoah, qu'il avait faites des années auparavant au Canada. Et le prélat répondit, comme tout le monde le sait, que « Les chambres à gaz n'ont jamais existé » et que les juifs tués ne furent pas plus de 300.000. Paroles déplorables - le dossier ne le cache pas - mais là n'est pas le problème.
Ce que le dossier veut montrer, c’est que télévision suédoise, influencée par un "souffleur", a voulu arracher à Williamson les déclarations que nous connaissons sur la Shoah de façon à les employer au moment opportun c'est-à-dire trois jours avant la sortie de la nouvelle de la révocation de l'excommunication, rendue publique le 21 janvier, le jour même où le décret de révocation parvenait à Econe sur le bureau du supérieur général de la Fraternité Saint Pie X (FSPX) Mgr Bernard Fellay.
La dossier suppose que la personne qui a suggéré à Fegan d'interroger Williamson sur l'Holocauste (en lui rappelant que le prélat en avait déjà parlé des années avant au Canada) est une journaliste française, Fiammetta Venner. Qui est-elle ? C'est une activiste connue du mouvement homosexuel français, et aussi de celui favorable à l'avortement et à la laïcité. C'est une intervenante habituée des rencontres sur la laïcité du Grand Orient de France. La Venner, qui en septembre dernier, en concomitance avec le voyage du Pape en France avait envoyé à la presse un volume cosigné avec sa compagne Caroline Fourest et significativement intitulé « Les Nouveaux Soldats du pape. Légion du Christ, Opus Dei, traditionalistes », est intervenue dans le long documentaire consacré aux lefebvristes à la télé suédoise, à l'intérieur duquel a été également diffusée l'interviewe de Williamson.
Là, la journaliste - au-delà du Tibre les auteurs du dossier jurent que la chose n'est pas fortuite - a accusé la FSPX de connexions avec les milieux politiques de l'extrême droite française, ouvrant ainsi la voie aux accusations consécutives de fascisme et d'antisémitisme. Donc, selon le dossier du Vatican, nous avons une interviewe enregistrée le 2 novembre, dans laquelle une partie, sur suggestion d'une journaliste française peu en accord avec le monde traditionaliste de son pays (surtout avec le monde lefebvriste), et consacrée aux thèses négationnistes sur l'Holocauste.
Et ensuite nous avons un trou d'environ deux mois et demi. Autrement dit, nous avons la décision de la télé suédoise (...) qui attend jusqu'au 21 janvier pour diffuser une interviewe enregistrée le 2 novembre, c'est-à-dire jusqu'au jour exact où le cardinal Re signe le décret de révocation de l'excommunication aux quatre lefebvristes.
Simple coïncidence ? Peut-être, mais peut-être pas : donc, selon ce que suppose le dossier, ce serait en France, c'est-à-dire dans le pays où le « cancer » lefebvriste s'est le plus développé, ouvrant des blessures dans la société et dans l'Église pas encore cicatrisées aujourd'hui, qu'est née la volonté de discréditer Benoît XVI au moment où il prenait une des décisions les plus explosives de son pontificat. Une volonté de discréditer le Pape et, donc, de bloquer le processus déjà difficile de rapprochement avec les lefebvristes à l'Église. (…)
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